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24/10/2009

Le cycle du roi

 

OlivierMaulin05.gif

 

 

20:46 Publié dans Apocalypse | Lien permanent | Commentaires (1)

22/10/2009

Antifascites, encore un effort


Antifascistes encore un effort... si vous voulez l'être vraiment ! 
Par Jean Bricmont

Comment ne pas voir que le discours sur l'holocauste est instrumentalisé pour soutenir Israël et pour faire taire les critiques (la question n'étant pas de « mettre en cause » l'holocauste, mais de se demander pourquoi cet événement doit déterminer notre politique étrangère) ? Le temps où une majorité de gens aimait réellement Israël, « la seule démocratie au Moyen-Orient », « la villa au milieu de la jungle » etc. est passé. Mais l'étape qui reste à franchir, pour qu'une autre politique envers le Moyen-Orient soit possible, est de libérer la parole et de faire cesser l'intimidation et la culpabilisation à propos de tout ce qui concerne Israël et le sionisme. 

« Pour guérir radicalement la censure, il faudrait la supprimer car l'institution est mauvaise et les institutions sont plus puissantes que les hommes. » Karl Marx (1)

Divers amis se sont inquiétés du fait que mon nom soit cité dans un article (non signé) de REFLEX, intitulé « Procès Dieudonné - Faurisson : la Cour des Miracles négationnistes » et relayé par l'AFPSBellaciao

J'ai donc lu l'article avec attention ; il s'attaque à un certain nombre de gens qui ont assisté au procès de Dieudonné et Faurisson, suite au spectacle du Zénith (2) et particulièrement à Paul-Eric Blanrue, auteur du livre « Sarkozy, Israël et les juifs » dont j'ai recommandé la lecture. Cet article est intéressant parce qu'il illustre tous les défauts d'une certaine « gauche antifasciste ».

Le fond de l'affaire tourne autour de la liberté d'expression. Ayant expliquéailleurs mon point de vue à ce propos, je ne vais pas y revenir en détail. Et, avant de continuer, je voudrais souligner (même si cela devrait être inutile) que défendre la liberté d'expression de X ne signifie nullement approuver les idées de X. Cette défense découle seulement d'une réflexion sur les principes de droit sur lesquels repose une société démocratique. Et, dans une société réellement démocratique, il y aura nécessairement une telle multiplicité d'opinions qu'il est impossible de les approuver toutes - mais on peut néanmoins considérer quel'expression de toutes ces idées, aussi folles et mutuellement contradictoires qu'elles soient, doit être légale. La liberté d'expression est un principe fondamental de la démocratie, et pas, comme on le dit trop souvent, un « prétexte » pour « soutenir » X ou Y. Il est pour le moins étrange que des « antifascistes » approuvent le fait que l'on rende, comme l'a dit Chomsky à propos de l'affaire Faurisson, un triste hommage aux victimes de l'holocauste en adoptant la doctrine centrale de leurs bourreaux, à savoir qu'il appartient à l'Etat de déterminer la vérité historique et de condamner ceux qui ne s'y conforment pas. 

Mais, même si l'on ne partage pas ce point de vue, la question de la pente glissante se pose : jusqu'où ira-t-on dans la répression des opinions « scandaleuses » ? On requiert un an de prison (avec sursis) contre Dieudonné pour un sketch. On est évidemment libre d'estimer ce sketch de très mauvais goût, insultant, et le condamner moralement (3). Mais un an de prison (même avec sursis) ? Que répondra-t-on aux Noirs et aux Musulmans qui pourraient se sentir insultés par d'autres sketches (y compris certains sketches de Dieudonné) ? Comment éviter que les Musulmans, qui se considèrent insultés par les caricatures du Prophète, et l'impunité dont elles jouissent (heureusement), n'y voient une nouvelle preuve du « deux poids, deux mesures » à leur égard (4) ? Aujourd'hui, divers courants au sein de l'Union Européenne veulent sacraliser la mémoire des « victimes du communisme ». Où s'arrêtera-t-on? Une partie de la gauche s'inquiète de cette dernière sacralisation - mais peut-être aurait-elle été mieux avisée de ne pas entrer, justement à propos des victimes du fascisme, dans le jeu de la sacralisation. 

A mon humble avis, c'est cette constante restriction de la liberté d'expression qui devrait donner « froid dans le dos » aux antifascistes véritables.

Par une pure coïncidence, cette affaire Dieudonné se produit en même temps que la levée de boucliers du monde intellectuel et artistique en faveur de Roman Polanski. Alors que, dans cette dernière affaire, le « talent artistique » semble tout permettre, même des miracles, comme le fait de commettre une erreur de jeunesse (dixit BHL) à 43 ans, ou d'avoir des rapports sexuels avec une mineure non consentante sans commettre de viol (dixit Costa-Gavras), pas un mot n'est prononcé par ce même monde intellectuel et artistique en faveur de Dieudonné qui, au cours de toute sa carrière, n'a jamais été « coupable » que de délit d'opinion. Dans le cas de Polanski, le fait qu'une fille pose nue (Finkielkraut) ou paraisse plus âgée qu'elle n'est (Costa-Gavras), ou que le violeur soit une victime (du nazisme et du communisme-Finkielkraut et BHL) sert de circonstance atténuante. Finkielkraut vit dans « l'épouvante ». Lelouch compare la police suisse à la Gestapo. BHL en appelle à l'esprit de tolérance suisse, mentionnant Voltaire, comme si c'était Polanski et non Dieudonné qui était poursuivi pour délit d'opinion. Etrange époque où la lutte contre « l'ordre moral » et contre le « fascisme », ou encore le « il est interdit d'interdire », mènent simultanément à la complaisance à l'égard du viol et au rejet de la simple liberté d'expression.

L'article de REFLEXes soulève aussi le problème du « guilt by association », de la culpabilité par association, fortement dénoncée aux Etats-Unis, surtout dans la gauche, parce que c'était une des armes favorites du Maccarthysme. Que viennent faire dans cet article Michel Collon, la librairie Résistances et moi-même ? Michel Collon rien, à part le fait que j'en suis « proche ». Mais pourquoi le citer lui et pas Noam Chomsky, Alan Sokal, Régis Debray, Anne Morelli, ou quantité d'autres, dont je suis tout aussi « proche » ? 

La Librairie Résistances, elle, a été attaquée par des nervis sionistes et a tenu un meeting en plein air suite à cette agression, au cours duquel Me Bastardi Daumont, avocat de Blanrue et de Faurisson, a pris la parole. Où est le crime ? Que reproche-t-on à Me Bastardi Daumont ? Suggère-t-on que Faurisson ne doit pas avoir d'avocat, contrairement aux pires assassins ? S'il doit bien en avoir un, est-ce un crime d'être celui-là ? Pense-t-on qu'un avocat partage nécessairement les vues de son client ? Pourquoi cette coïncidence (être à la fois l'avocat de Blanrue, de Faurisson et participer au meeting de soutien à la librairie) ? Sans doute parce que, précisément à cause du climat de terreur intellectuelle « antifasciste » qui règne en France, les avocats prêts à défendre le principe de la liberté d'expression ne se bousculent pas au portillon. 

Et moi-même ? J'ai lu le livre de Blanrue et je l'ai trouvé salutaire. Bien que moins complet, il est un peu le « Mearsheimer et Walt » français, en ce sens qu'il met, pour la première fois, le doigt sur un problème fondamental de nos sociétés, à savoir l'extraordinaire influence sur notre vie politique des réseaux pro-israéliens (ou du lobby pro-israélien, comme disent Mearsheimer et Walt). Je le lui ai dit et je l'ai autorisé à me citer sur son site. Je ne lui ai pas trouvé d'éditeur, contrairement à ce qu'affirment nos spécialistes de l'antifascisme (et du renseignement), même si j'aurais été heureux de pouvoir le faire. Comme le dit Alain Gresh, le livre de Blanrue « mérite débat » ; mais le livre a été de factocensuré en France, vu que le diffuseur français de son éditeur belge a refusé de le distribuer (initiative extraordinaire de la part d'un diffuseur, si on y réfléchit : qu'est-il advenu du bon vieux capitalisme et de la « soif de profit » ?). De plus, bien que Blanrue soit un auteur relativement connu, aucun grand média ne parle de son livre. La puissance des réseaux sionistes est accrue par le tabou qui empêche de parler d'eux. Le terrorisme intellectuel « antifasciste » ne fait que renforcer ce tabou. Le grand mérite de Blanrue est de tenter de sortir de ce cercle vicieux qui, comme il le souligne d'ailleurs, n'est pas, à terme, « bon pour les juifs ».

Bref, j'apprécie le livre de Blanrue et je le dis. Quelle relation entre cela et le fait qu'il assiste au procès Dieudonné-Faurisson (ce qui, vu les enjeux juridiques de cette affaire, est tout à fait compréhensible) ou qu'il ait eu dans sa jeunesse des activités « suspectes » (aux yeux de la police de la pensée) en Moselle ? Il a été chrétien ? Je vais l'avouer : moi aussi (ainsi, il existe encore des chrétiens en France et en Belgique ; quelle horreur ! Que fait la police ?). Il a été royaliste ? Moi pas, mais en tant que Belge, j'en ai rencontré beaucoup et je n'ai pas remarqué qu'ils mangeaient des enfants au petit déjeuner. Et j'ai connu assez de gens qui ont, dans leur jeunesse, fait une apologie sans nuance de Staline, de Mao, ou de toute forme de violence, pourvu qu'elle soit « révolutionnaire » (et dont certains se sont recyclés dans l'antifascisme), pour que le genre d'accusations portées contre Blanrue me laisse froid (est-il vraiment si fréquent de trouver des gens en France dont le parcours est, comme dit REFLEXes, « politiquement limpide et irréprochable » ?). 

De plus, quand il s'agit d'auteurs comme Heidegger, Céline ou Foucault (oui, oui, même Foucault), il est permis de citer, d'étudier, d'admirer une partie de leur œuvre sans se soucier de ce qu'ils ont dit ou fait par ailleurs, et qui est souvent plus étrange que ce que l'on reproche à Blanrue. Pourquoi ne pourrait-on pas avoir la même attitude par rapport au citoyen Blanrue ? Existe-t-il un principe de Polanski généralisé qui veut que pour des gens suffisamment célèbres (Heidegger et Co.), on puisse parler de leur œuvre ou d'une partie de celle-ci sans parler de la personne ou de l'ensemble de l'œuvre, mais pour les moins célèbres, non ?

J'avoue également avoir un petit problème avec la notion d'extrême droite en France. Pour les « antifascistes », l'extrême droite, ce sont exclusivement les gens qui sont supposés être nostalgiques de Vichy, de la monarchie, de l'Algérie française, qui sont trop souverainistes à leur goût, ou encore, pour certains, les « islamo-fascistes ».

Mais pourquoi la censure n'est-elle pas d'extrême droite ? Pourquoi l'apologie de la guerre (et la négation de crimes de guerre) à Gaza, au Liban, en Afghanistan et en Irak ne l'est-elle pas ? Pourquoi le fait de considérer qu'un peuple a le droit de s'installer sur la terre d'un autre et de l'en chasser à jamais (c'est-à-dire en lui refusant tout droit au retour) n'est-il pas d'extrême droite ? Pourquoi n'est-il pas d'extrême droite de célébrer comme démocratique (avilissant ainsi ce concept) un Etat défini explicitement sur une base ethnique (5) ? Pourquoi la notion de culpabilité collective (appliquée au peuple allemand, français etc.) n'est-elle pas de « l'essentialisme raciste » et donc d'extrême droite ? N'est-ce pas encore plus le cas quand cette culpabilité devient transmissible aux descendants ? 

Si l'on veut bien élargir ainsi la notion d'extrême droite (ce qui me semble justifié d'un point de vue conceptuel et historique), on se rend compte que le gouvernement français, la plupart des médias et des intellectuels, et bien sûr, une bonne partie de la « gauche antifasciste » sont d'extrême droite, ce qui complique considérablement la nécessaire « lutte contre l'extrême droite ». Il ne suffit pas de ne pas « ouvrir son antenne » à Soral ou à de Benoist, mais il faudrait la refuser à pratiquement tout le monde. De plus, l'extrême droite la plus dangereuse est-elle celle de la « nostalgie », ou celle qui influence la politique et la pensée occidentale actuelles ?

Finalement, il est regrettable de voir que des articles comme celui deREFLEXes sont repris par des associations pro-palestiniennes comme l'AFPS(ou Bellaciao). Bien sûr, ils ont le droit de le faire, là n'est pas la question. Mais le fait de diffuser certains articles plutôt que d'autres est un choix politique, et ce choix peut être discuté. Or ce choix signifie que la priorité, pour ces organisations, n'est pas de défendre la liberté d'expression mais bien de hurler avec les loups dans la dénonciation des « méchants » (Dieudonné, Blanrue etc.).

Comment ne pas voir que le discours sur l'holocauste est instrumentalisé pour soutenir Israël et pour faire taire les critiques (la question n'étant pas de « mettre en cause » l'holocauste, mais de se demander pourquoi cet événement doit déterminer notre politique étrangère) ? Le temps où une majorité de gensaimait réellement Israël, « la seule démocratie au Moyen-Orient », « la villa au milieu de la jungle » etc. est passé. Mais l'étape qui reste à franchir, pour qu'une autre politique envers le Moyen-Orient soit possible, est de libérer la parole et de faire cesser l'intimidation et la culpabilisation à propos de tout ce qui concerne Israël et le sionisme.

La « solidarité avec la Palestine » commence ici, principalement dans la lutte contre les réseaux pro-israéliens. Diffuser et faire connaître le livre de Blanrue, ou celui de Mearsheimer et Walt, défendre la liberté d'expression, aider à libérer le discours et à ouvrir le débat, c'est réellement « aider la lutte des Palestiniens », et c'est l'aider de façon essentielle.

Nous ne devons pas montrer aux sionistes que nous sommes « gentils », en nous « démarquant » sans arrêt de X ou de Y qui a eu une parole trop dure ou trop franche, mais montrer que nous sommes libres et que le temps de l'intimidation est passé. Heureusement, de même que les Palestiniens résistent, il existe encore des gens en France qui défendent les principes les plus élémentaires de la République et de la laïcité. Il ne reste plus qu'à souhaiter que les « antifascistes » se joignent à eux.


Notes de lecture :

1. Remarque sur la récente réglementation de la censure prussienne, 1842,Textes philosophiques, 1842-1847, Cahier Spartacus, no 33, 1970.

2. Au cours duquel (en décembre 2008) Dieudonné fit remettre un « prix de l'infréquentabilité et de l'insolence» à Robert Faurisson, par son assistant déguisé en costume de déporté. Suite à cela, Dieudonné est poursuivi, entre autres, pour insultes à caractère raciste.

3. Il faut néanmoins rappeler que si la liberté d'expression était respectée en France, il n'y aurait jamais eu d'affaire Faurisson, ce dernier serait probablement inconnu et il n'y aurait probablement pas eu le show du Zénith. La censure incite toujours à la transgression et il n'y a aucune raison de penser que l'affaire du Zénith soit la dernière du genre, quelles que soient les peines qui seront prononcées.

4Voir la vidéo pour une illustration de ce sentiment d'injustice.

5. Par exemple, où faut-il situer sur le spectre politique la citation suivante : « Si l'on regarde une carte du monde, en allant vers l'est : au-delà des frontières de l'Europe, c'est-à-dire de la Grèce, le monde démocratique s'arrête. On en trouve juste un petit confetti avancé au Moyen-Orient : c'est l'État d'Israël. Après, plus rien, jusqu'au Japon. [...] Entre Tel-Aviv et Tokyo règnent des pouvoirs arbitraires dont la seule manière de se maintenir est d'entretenir, chez des populations illettrées à 80%, une haine farouche de l'Occident, en tant qu'il est constitué de démocraties. » Elle est de Philippe Val (dans Charlie-Hebdo, 26 juillet 2006), ancien directeur de Charlie-Hebdo et actuel directeur de France Inter. Voir Le plan BFrappes médiatiques sur le Liban, 5 janvier 2009 ; ce journal précise : « selon le Rapport des Nations unies sur le développement humain de 2003, seuls trois pays au monde avaient alors un taux d'illettrisme supérieur à 80%. Et aucun d'entre eux n'était situé entre Tel-Aviv et Tokyo, puisqu'il s'agissait du Burkina Faso, du Mali et du Niger. Ailleurs, entre Tel-Aviv et Tokyo, le taux d'illettrisme était de 23% en Iran, de 9% en Chine, de 7% aux Philippines. Et... de 13% au Liban. »

20/10/2009

Responsabilité de protéger

http://www.dfait-maeci.gc.ca/cip-pic/video/globalization-...

 

La responsabilité de protéger: une nouvelle façon de penser

Je m’appelle Thomas Franck. Je suis diplômé de l’Université de la Colombie Britannique. J’enseigne le droit international. En fait, j’enseigne à l’Université de New York depuis près de 50 ans et j’ai également enseigné à Cambridge, à Stanford et à Osgoode Hall à l’Université York de Toronto. Je plaide des causes devant la Cour internationale de justice, où je suis aussi juge suppléant. Je suis actuellement juge dans une affaire de droit de la mer qui oppose le Guyana et le Suriname. Enfin, j’écris des ouvrages sur le droit international.

Je ne pense pas que l’on parle vraiment d’une nouvelle norme juridique, mais plutôt d’une nouvelle façon d’envisager les catastrophes humanitaires et les violations les plus flagrantes des droits de la personne. N’oublions pas que nous vivons toujours dans un monde d’États souverains et que les États sont très jaloux de leur souveraineté. En revanche, il est entendu de manière générale que, lorsque la situation dans un État se détériore au point qu’un très grand nombre de personnes sont tuées – que ce soit dans une guerre civile ou parce que le gouvernement de cet État applique une politique génocidaire –, il est hautement immoral de rester les bras croisés et que ce devrait être illégal.

Le problème est que pour intervenir dans une situation de cette sorte, il faut en général recourir à la force. Autrement dit, le monde extérieur doit user de la force dans une situation où le gouvernement de cet État n’a pas demandé l’usage de la force et dans certaines situations où l’usage de la force vise le gouvernement même de cet État. Dans ces situations, il y a incompatibilité directe entre droit humanitaire, concepts humanitaires et droits de la personne, d’une part, et notions de souveraineté, de l’autre. Et ce débat est acharné, mais dans une large mesure stérile.

Ce que le gouvernement canadien a fait en introduisant la notion de responsabilité de protéger, c’est essayer de changer les termes de ce discours. On ne parle donc plus d’interventions humanitaires en tant que telles, avec toutes leurs connotations d’ingérence dans des États souverains. Au lieu de cela, il est question d’une responsabilité de la communauté internationale tout entière d’agir véritablement (sous quelque forme que ce soit) afin de prévenir des pertes en vies humaines massives dans un État, que ce soit dans une situation de guerre civile ou d’oppression à grande échelle. Et en changeant les termes du discours, il se peut que nous puissions nous acheminer vers la définition de nouvelles règles.

24/09/2009

Dixit

terreglace.jpg"Il n'est plus acceptable qu'une petite minorité domine la politique, l'économie et la culture dans une large partie du monde grâce à ses réseaux sophistiqués, instaure une nouvelle forme d'esclavage et nuise à la réputation d'autres nations, y compris des nations européennes et des Etats-Unis, afin d'atteindre ses objectifs racistes"

Une douzaine de délégations, dont la française et l'américaine, ont quitté mercredi soir à New York la salle de l'Assemblée générale de l'ONU afin de protester contre le discours du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, jugé "antisémite.

08:46 Publié dans Shopping | Lien permanent | Commentaires (0)

04/09/2009

Colonisation positive

Milou.jpgRecensé : Marc Michel, Essai sur la colonisation positive. Affrontements et accommodements en Afrique noire (1830-1930), Paris, Perrin, 2009, 417 p., 22€.

Dans une étude-essai qui refuse les « procès en colonisation » comptabilisant méfaits et bienfaits, l’historien Marc Michel souligne l’ambiguïté fondamentale qui caractérisait la relation entre Européens et Africains, partagée entre guerre et palabres. Quant à l’administration coloniale, elle devait obtenir des indigènes un certain degré de consentement.

C’est d’abord par son titre que le dernier ouvrage de l’historien Marc Michel, grand connaisseur de l’Afrique sub-saharienne et plus particulièrement de l’« appel à l’Afrique » en 1914-1918, retient l’attention. Essai sur la colonisation positive : chacun aura reconnu l’allusion à la loi du 23 février 2005 prescrivant que « les programmes scolaires reconnaissent en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord ». Mais on se tromperait en pensant que Marc Michel a décidé d’emprunter un chemin aussi simpliste. Tout d’abord, c’est d’Afrique subsaharienne qu’il s’agira, non de l’Afrique du Nord, et si la colonisation française est effectivement très présente dans l’ouvrage, les autres puissances impériales le sont également. En outre, le propos du livre est mieux indiqué par son sous-titre que par son titre : « Affrontements et accommodements en Afrique noire ». On comprend alors que c’est l’ambiguïté de la relation coloniale, telle qu’elle s’est nouée entre le début du XIXe siècle et l’apogée de la domination coloniale au début des années 1930, qui constitue l’axe de l’ouvrage.

À vrai dire, cet ouvrage est bien plus qu’un essai. Pour autant, il tient de l’essai lorsque Marc Michel choisit de ne pas cacher son agacement devant ce qu’il nomme des « sottises » contemporaines : ainsi du discours de Dakar de 2007, dans lequel le président de la République crut bon d’affirmer que « l’Afrique [n’était] pas un continent historique » ; ainsi l’assimilation, dénoncée à plusieurs moments du livre, entre colonisation et extermination, ou encore l’idée d’un « totalitarisme colonial » suggérée par le Livre noir du colonialisme [1]. En fait, l’historien se refuse absolument à tout « procès en colonisation » prétendant juger celle-ci au moyen d’une comptabilité simpliste opposant les méfaits aux bienfaits. C’est « l’ambiguïté fondamentale de cette relation [entre Européens et Africains], qui ne s’est jamais réduite à celle d’occupants/occupés, que nous voudrions faire sentir », écrit Marc Michel. Et disons-le sans détour : le livre y réussit brillamment.

Cette mise en exergue de l’ambiguïté, dans toute sa complexité, n’implique nulle complaisance. Notamment à l’égard de l’exercice de la violence : « L’installation coloniale est à l’évidence un acte violent », rappelle Marc Michel, qui commence son propos par la traite des esclaves et son remplacement par celle des produits. L’auteur consacre en outre un chapitre remarquable à la guerre, cette « modalité la plus courante des relations entre Africains et Européens » à partir des années 1880. Fort opportunément, il rappelle qu’au départ la victoire des Blancs n’était nullement acquise et que celle-ci fut lente, difficile, exténuante, souvent précaire. Par certains côtés, il confirme ce que l’anthropologie de la guerre primitive a su mettre au jour (on songe à l’ouvrage de Lawrence Keelay, War before Civilization, Oxford University Press, 1996.), tout en nuançant plusieurs de ses attendus : oui, nous dit Marc Michel, le déséquilibre des forces ne s’est fait sentir que tardivement, et les doctrines d’emploi des armes, la supériorité logistique, la maîtrise des communications ont joué un rôle au moins aussi important que la supériorité technologique proprement dites. Pour autant, l’auteur nuance et la thèse de l’incapacité des Africains à mener la guerre de siège et, plus encore, celle de leur incapacité à conduire une bataille, en rappelant que, sur trois grands affrontements livrés sur le continent africain, les Blancs en ont perdu deux. Un regret seulement ici : si l’auteur ne dissimule en rien la disproportion entre les pertes africaines, massives, et celles des Européens, on eût aimé qu’il évoquât les modalités de la guerre menée par le colonisateur allemand contre les Hereros, dans sa dimension effectivement exterminatrice et, également, concentrationnaire.

Sur la subtilité des relations qui se sont nouées entre le colonisateur et le colonisé, Marc Michel se montre à son meilleur : retenons un chapitre d’une sensibilité très fine sur « la parole comme enjeu » et la pratique des palabres dont deux exemples de l’année 1880 sont soigneusement analysés : celle de Gallieni avec Seydou Dieyla, le ministre du sultan Ahmadou, au Niger ; celle de Savorgnan de Brazza avec le roi des Batéké, au Congo. Marc Michel décrit ici superbement tout ce qui se joue dans rituel de ce type, avant que ne s’impose peu à peu la « palabre de commandement en situation coloniale ». Très finement aussi, l’historien décrit l’« effondrement du monde » subi par les Africains sous la poussée de l’ordre colonial, sans rien cacher de sa brutalité (l’indigénat, le fléau du portage ou encore les villages « cassés » lors des grandes révoltes contre le recrutement de 1914-1918, comme celle de l’Ouest Volta en 1916, cette « tache indélébile »), mais sans le réduire à celle-ci : on retiendra ainsi ses analyses précises des pratiques du colonisateur (de bien belles pages, notamment, sur le tournée de l’administrateur et sur les « mariages à la mode du pays »).

« On est loin de la vision simpliste d’une administration brutale et arbitraire », écrit l’auteur (p. 279), avant de préciser : « On ne saurait donc résumer les relations entre administrés et administrateurs à un rapport de forces sans nuances et sans intermédiaires. Le colonisateur eut besoin d’un certain consentement et dut entretenir avec les administrés des relations qu’aucun fonctionnaire d’autorité n’aurait entretenues en métropole » (p. 286). Bref, si un terme lui paraît résumer ce qui se joue vraiment dès lors que l’on sort d’une vision purement « carcérale » de l’ordre colonial, c’est bien celui d’« accommodement ».

Le spécialiste de l’Afrique pendant la Grande Guerre consacre à l’événement et à son impact des pages particulièrement convaincantes. C’est aussi le cas de celles consacrées à la sortie de guerre, dont il montre, là encore, toute la complexité : d’un côté, les colonisés émergent du conflit encore plus contrôlés qu’auparavant, la période de guerre ayant marqué, avec les ultimes révoltes, le terme des « résistances primaires » et « l’avènement réel de l’Etat colonial ». De l’autre, s’affirment de nouveaux regards en Europe, induisant un véritable renversement au sein des sciences humaines. On passe de l’« arrogance coloniale » au « doute » et, à ce titre, l’impression de triomphe dégagée par l’Exposition de 1931 est trompeuse. Le livre s’arrête à ce point d’inflexion. Voilà qui fait espérer un second essai de l’auteur sur la période suivante.

Stéphane Audoin-Rouzeau, La Vie des idées, 2009

25/08/2009

Burqa, les raisons de ne pas être systématiquement "contre"

Pourquoi les Français veulent interdire la burqa ? Entretien avec John Bowen

John Bowen est anthropologue, professeur à l’université Washington de Saint Louis, aux États-Unis. Il est spécialiste de l’Islam et ses récents travaux ont porté en particulier sur les musulmans de France. Tombé en plein débat sur le voile, il a déplacé un temps sa problématique pour s’intéresser à la perception de l’Islam par les Français : son livre Why the French Don’t like Headscarves, paru en 2007, interroge les ressorts de la mobilisations des valeurs républicaines et laïques contre la menace que représenterait le foulard.

Alors que la "mission d’information parlementaire" sur le voile intégral a commencé ses auditions, et les poursuivra jusqu’en décembre 2009, John Bowen propose d’interroger le sens de cette nouvelle préoccupation du politique. S’agit-il de légiférer davantage sur l’espace public ? ou bien de s’ingérer jusque dans la sphère privée ?

nonfiction.fr : Comment expliquez-vous la résurgence actuelle de la question de la burqa ?

John Bowen : Il est difficile d’expliquer pourquoi cette question ressurgit maintenant, car ce n’est pas lié à un événement particulier. Dans mon livre sur le foulard (2007) j’ai cherché des liens entre les résurgences des déclarations sur le foulard et les événements qui se passaient dans le monde musulman, en Algérie ou en Afghanistan par exemple. Avec la burqa, c’est plutôt une longue histoire. On voit depuis quelques années en Italie du Nord, en Belgique, aux Pays-Bas, des tentatives des pouvoirs locaux pour interdire la burqa. Ces mouvements européens contre l’Islam rencontrent un fort écho en France, et pas seulement dans les milieux d’extrême-droite, car les Français sont imprégnés de l’idée qu’on ne doit pas tolérer ce qui divise, or la burqa divise un individu. Le débat traverse le continuum politique droite-gauche, en se focalisant sur l’idée des valeurs communes : même si on fait appel aux questions techniques des contrôles d’identité par exemple, c’est plutôt le fait d’avoir des cloisonnements, des communautés qui gêne.

nonfiction.fr : Pourquoi ce déplacement de l’école à la rue ?

John Bowen : Pendant les débats en 2002-2003 quelques voix disaient que si le voile était symbole d’oppression de la femme, alors il fallait l’abolir de l’espace public, que ce soit à l’école ou dans la rue. Ces propositions, très cohérentes dans leur raisonnement, n’ont pas été suivies car à ce moment la loi sur le voile devait répondre à un ensemble de problèmes propres à l’école, et qui préoccupaient les enseignants comme les directeurs d’établissements : la contestation des cours d’histoire sur la Shoah par exemple, ou l’adaptation des rythmes scolaires aux obligations religieuses. Dans ce contexte, l’affaire du voile a fourni une opportunité pour légiférer, et donner l’impression de résoudre par la loi des problèmes face auxquels les acteurs se trouvaient démunis. Cette manie française de faire des lois, on la retrouve encore récemment avec la loi sur les bandes et sur le port des cagoules…

nonfiction.fr : C’est une coïncidence amusante, ce parallèle entre la cagoule et la burqa !

John Bowen : Oui, ce n’était pas forcément intentionnel mais les deux participent d’une même question : comment on légifère sur l’espace public ? De manière générale, la France a une conception positive de l’espace public, comme le lieu des valeurs communes et du vivre ensemble, d’où tout signe porteur de division doit être évacué ; c’est le sens de la laïcité à la française. Cependant les limites de cet espace restent floues. Dans le concret, l’espace public c’est quoi : la rue ? l’école ? la mairie ?

Revenons sur le cas de la femme à qui on a refusé la nationalité française parce qu’elle portait la burqa – le raisonnement du gouvernement  ce n’était pas de dire que les conditions n’étaient pas remplies pour l’obtention de la nationalité, mais de dire que, du fait qu’elle était ainsi vêtue, qu’elle restait chez elle, elle présentait un défaut d’assimilation. Voilà le point intéressant : le problème ne vient pas d’un trouble à l’ordre public, mais du fait de rester dans la sphère privée. C’est là que se trouve le changement : maintenant on va jusque dans la chambre, on l’a vu encore dans le débat sur l’annulation du mariage pour cause de non-virginité de l’épouse, une annulation qui n’était ni contestée par la femme, ni par les juges, mais par les voix politiques qui ont estimé que ces distinctions n’avaient pas lieu d’être dans la sphère privée. Dans l’affaire de la burqa, on considère que la vie privée peut être source de défauts dans la sphère publique – défaut de laïcité, d’assimilation etc. Ce qui m’intéresse beaucoup c’est l’évolution de la notion d’ordre public ; il y a d’une part l’espace public en ce qu’il s’oppose à l’espace intime, familial, et d’autre part il y a l’ordre public, cette idée très durkheimienne d’un ordre social, moral, qui peut être bafoué même en privé. Et c’est cette idée d’un ordre moral qui pourrait nous amener à une interprétation en faveur de l’interdiction de la burqa ; mais dans notre période post-Vichy on a du mal à parler d’ordre moral.

nonfiction.fr : Donc vous voulez dire qu’on sort du politique si on s’intéresse à la sphère privée ?

John Bowen : Je vois là une atteinte potentielle à la vie privée des gens, à la liberté dans la sphère privée. Avec la burqa, la question du communautarisme est maintenant portée sur le corps de la femme. Ce déplacement, qui paraît récent, s’inscrit pourtant dans le temps long, car la tension entre libertés individuelles et valeurs communes est une constante depuis la révolution française : il ne faut pas oublier qu’après 1789 il y a eu 1792. La France demeure traversée par cette tension entre l’État - expression de la volonté générale, et la liberté de l’individu. Cette tension qui apparaît clairement dans la pensée de Rousseau…

nonfiction.fr : Vous montrez d’ailleurs dans votre livre sur le foulard que la pensée rousseauiste imprègne fortement la mentalité française : est-ce que vous pensez que les petits Français devraient lire plus de philosophes anglo-saxons à l’école ?

John Bowen : C’est une question qui porte sur la pédagogie à l’école… depuis des années des efforts sont faits pour introduire la pensée des libéraux en France . Cependant, on peut trouver une défense de la liberté individuelle chez Rousseau, sans avoir recours à d’autres systèmes philosophiques qui seraient moins ancrés dans la pédagogie, l’histoire de la France.

D’autre part, ces questions ne posent pas seulement, de manière générale, le problème des libertés publiques, mais de manière plus particulière le problème de l’Islam en France. C’est ce que je cherche à montrer dans mon nouveau livre Can Islam Be French (L’Islam peut-il être français, à paraître, Princeton University Press). Il reste encore à inventer des formes de dialogue, à trouver des interlocuteurs privilégiés qui puissent, en quelque sorte, normaliser la présence de l’Islam en France

Burqa, les raisons d'être "pour"

Me serais-je emballé trop vite en proposant ici même qu’on légifère fissa contre la burqa ? Je m’interroge.

On me l’a répété tout l’été : pourquoi stigmatiser ces femmes qui, si on ne les montrait pas du doigt, passeraient totalement inaperçues? Cet argument, qu’il soit rabâché par Eric Besson ou par Marie-George Buffet, n’est pas dénué de logique formelle : après tout, rendre les femmes invisibles est bel et bien l’objet social de ladite burqa. Mais d’autres événements estivaux sont venus étayer mes velléités de virage de cuti sur la question.

Tout d’abord, alors que le pays redécouvre les dangers de la canicule, force est de constater que les porteuses de voile intégral sont moins exposées que leurs sœurs impies aux misères de l’insolation et donc des cancers cutanés afférents. Depuis des décennies, les multinationales cosmétiques s’escrimaient à inventer le véritable écran total : vous bilez plus, les mecs, on l’a trouvé ! Désormais, il ne restera plus qu’à régler quelques petits problèmes liés à l’hypersudation…

Toujours dans l’optique du principe de précaution, un autre argument plaide en faveur de l’autorisation du port de la burqa, voire de son caractère obligatoire : l’épidémie de grippe A. Non seulement la burqa fait office de masque antiviral, mais en outre, le code moral qui va avec, guère propice au frotti-frotta - même le plus prétendument innocent - est un rempart phénoménal contre la contamination par contact direct. Laver ses mains cinq fois par jour, c’est bien, ne jamais s’en servir, c’est mieux !

Enfin l’actualité nous sert un dernier argument en faveur d’une tolérance bien pensée. Car ce vêtement que j’ai moi-même fautivement qualifié d’archaïsme peut se révéler d’une totale modernité. Comme vous, j’ai été ému par ses images télévisées de femmes afghanes votant pour la première fois de leur vie, malgré les menaces des talibans. Mais auraient-elles pu le faire si on n’avait pas mis à leur disposition ces magnifiques isoloirs individuels et portatifs ?

Marc Cohen, Burqa, j'ai changé d'avis, sur Causeur

 

 

04/08/2009

Oil supplies are running out fast

sablesbitumeux.jpgCatastrophic shortfalls threaten economic recovery, says world's top energy economist

By Steve Connor, Science Editor

Monday, 3 August 2009SHARE PRINTEMAILTEXT SIZE NORMALLARGEEXTRA LARGE

The world is heading for a catastrophic energy crunch that could cripple a global economic recovery because most of the major oil fields in the world have passed their peak production, a leading energy economist has warned.

Higher oil prices brought on by a rapid increase in demand and a stagnation, or even decline, in supply could blow any recovery off course, said Dr Fatih Birol, the chief economist at the respected International Energy Agency (IEA) in Paris, which is charged with the task of assessing future energy supplies by OECD countries.

In an interview with The Independent, Dr Birol said that the public and many governments appeared to be oblivious to the fact that the oil on which modern civilisation depends is running out far faster than previously predicted and that global production is likely to peak in about 10 years – at least a decade earlier than most governments had estimated.

But the first detailed assessment of more than 800 oil fields in the world, covering three quarters of global reserves, has found that most of the biggest fields have already peaked and that the rate of decline in oil production is now running at nearly twice the pace as calculated just two years ago. On top of this, there is a problem of chronic under-investment by oil-producing countries, a feature that is set to result in an "oil crunch" within the next five years which will jeopardise any hope of a recovery from the present global economic recession, he said.

In a stark warning to Britain and the other Western powers, Dr Birol said that the market power of the very few oil-producing countries that hold substantial reserves of oil – mostly in the Middle East – would increase rapidly as the oil crisis begins to grip after 2010.

"One day we will run out of oil, it is not today or tomorrow, but one day we will run out of oil and we have to leave oil before oil leaves us, and we have to prepare ourselves for that day," Dr Birol said. "The earlier we start, the better, because all of our economic and social system is based on oil, so to change from that will take a lot of time and a lot of money and we should take this issue very seriously," he said.

"The market power of the very few oil-producing countries, mainly in the Middle East, will increase very quickly. They already have about 40 per cent share of the oil market and this will increase much more strongly in the future," he said.

There is now a real risk of a crunch in the oil supply after next year when demand picks up because not enough is being done to build up new supplies of oil to compensate for the rapid decline in existing fields.

The IEA estimates that the decline in oil production in existing fields is now running at 6.7 per cent a year compared to the 3.7 per cent decline it had estimated in 2007, which it now acknowledges to be wrong.

"If we see a tightness of the markets, people in the street will see it in terms of higher prices, much higher than we see now. It will have an impact on the economy, definitely, especially if we see this tightness in the markets in the next few years," Dr Birol said.

"It will be especially important because the global economy will still be very fragile, very vulnerable. Many people think there will be a recovery in a few years' time but it will be a slow recovery and a fragile recovery and we will have the risk that the recovery will be strangled with higher oil prices," he told The Independent.

In its first-ever assessment of the world's major oil fields, the IEA concluded that the global energy system was at a crossroads and that consumption of oil was "patently unsustainable", with expected demand far outstripping supply.

Oil production has already peaked in non-Opec countries and the era of cheap oil has come to an end, it warned.

In most fields, oil production has now peaked, which means that other sources of supply have to be found to meet existing demand.

Even if demand remained steady, the world would have to find the equivalent of four Saudi Arabias to maintain production, and six Saudi Arabias if it is to keep up with the expected increase in demand between now and 2030, Dr Birol said.

"It's a big challenge in terms of the geology, in terms of the investment and in terms of the geopolitics. So this is a big risk and it's mainly because of the rates of the declining oil fields," he said.

"Many governments now are more and more aware that at least the day of cheap and easy oil is over... [however] I'm not very optimistic about governments being aware of the difficulties we may face in the oil supply," he said.

Environmentalists fear that as supplies of conventional oil run out, governments will be forced to exploit even dirtier alternatives, such as the massive reserves of tar sands in Alberta, Canada, which would be immensely damaging to the environment because of the amount of energy needed to recover a barrel of tar-sand oil compared to the energy needed to collect the same amount of crude oil.

"Just because oil is running out faster than we have collectively assumed, does not mean the pressure is off on climate change," said Jeremy Leggett, a former oil-industry consultant and now a green entrepreneur with Solar Century.

"Shell and others want to turn to tar, and extract oil from coal. But these are very carbon-intensive processes, and will deepen the climate problem," Dr Leggett said.

"What we need to do is accelerate the mobilisation of renewables, energy efficiency and alternative transport.

"We have to do this for global warming reasons anyway, but the imminent energy crisis redoubles the imperative," he said.

Oil: An unclear future

*Why is oil so important as an energy source?

Crude oil has been critical for economic development and the smooth functioning of almost every aspect of society. Agriculture and food production is heavily dependent on oil for fuel and fertilisers. In the US, for instance, it takes the direct and indirect use of about six barrels of oil to raise one beef steer. It is the basis of most transport systems. Oil is also crucial to the drugs and chemicals industries and is a strategic asset for the military.

*How are oil reserves estimated?

The amount of oil recoverable is always going to be an assessment subject to the vagaries of economics – which determines the price of the oil and whether it is worth the costs of pumping it out –and technology, which determines how easy it is to discover and recover. Probable reserves have a better than 50 per cent chance of getting oil out. Possible reserves have less than 50 per cent chance.

*Why is there such disagreement over oil reserves?

All numbers tend to be informed estimates. Different experts make different assumptions so it is under- standable that they can come to different conclusions. Some countries see the size of their oilfields as a national security issue and do not want to provide accurate information. Another problem concerns how fast oil production is declining in fields that are past their peak production. The rate of decline can vary from field to field and this affects calculations on the size of the reserves. A further factor is the expected size of future demand for oil.

*What is "peak oil" and when will it be reached?

This is the point when the maximum rate at which oil is extracted reaches a peak because of technical and geological constraints, with global production going into decline from then on. The UK Government, along with many other governments, has believed that peak oil will not occur until well into the 21st Century, at least not until after 2030. The International Energy Agency believes peak oil will come perhaps by 2020. But it also believes that we are heading for an even earlier "oil crunch" because demand after 2010 is likely to exceed dwindling supplies.

*With global warming, why should we be worried about peak oil?

There are large reserves of non-conventional oil, such as the tar sands of Canada. But this oil is dirty and will produce vast amounts of carbon dioxide which will make a nonsense of any climate change agreement. Another problem concerns how fast oil production is declining in fields that are past their peak production. The rate of decline can vary from field to field and this affects calculations on the size of the reserves. If we are not adequately prepared for peak oil, global warming could become far worse than expected.

Steve Connor, Science Editor

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25/07/2009

Dernières lueurs

Ledernierdespoilus.jpgAprès la mort de Lazare Ponticelli, le dernier des « poilus » français, à l'âge de 110 ans, dont L'Express avait retracé l'itinéraire (voir le numéro du 24 janvier), ils sont encore huit survivants à avoir participé aux combats de la Première Guerre mondiale : les Britanniques Henry Allingham (111 ans), Harry Patch (109 ans) et Claude Choules (107 ans) ; les Italiens Delfino Borroni (109 ans) et Francesco Chiarello (109 ans) ; le Turc Yakup Satar (110 ans) ; l'Austro-Hongrois Franz Künstler (107 ans), et l'Américain Frank Buckles (107 ans). Les derniers soldats allemands et polonais sont décédés en janvier.

 

LONDRES - Le dernier soldat britannique ayant combattu dans les tranchées de la Première Guerre mondiale, Harry Patch, est mort à l'âge de 111 ans dans une maison de retraite du Somerset, annonce le ministère de la Défense.

Plombier de formation, Patch avait été recruté à l'âge de 18 ans pour servir sur le front Ouest dans les tranchées d'Ypres. Servant de mitrailleuse durant quatre mois à l'été 1917, il avait été blessé à la bataille de Passchendaele, où il avait vu périr trois de ses plus proches amis.

En sa qualité de duc de Cornouailles, le Prince Charles a rendu hommage à l'ancien combattant, qui avait servi dans le bataillon d'infanterie légère "Duke of Cornwall".

"Harry a toujours chéri l'extraordinaire camaraderie qu'engendrent ces conditions atroces dans le bataillon, et il y est resté loyal jusqu'à la fin", a déclaré l'héritier de la couronne à la BBC.

Dans un communiqué, le Premier ministre Gordon Brown a rendu hommage à Patch, et assuré que "si la plus noble de toutes les générations nous quitte, elle ne sera jamais oubliée".

La disparition de Patch survient une semaine après celui d'un autre survivant de la Première Guerre mondiale, Henry Allingham, qui à 113 ans était en outre l'homme le plus âgé du monde.

L'unique survivant né britannique de la Grande Guerre est désormais Claude Choules, qui servait dans la Royal Navy et a émigré en Australie.

Aufront.jpg

 

 

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24/07/2009

Un mensonge d'Etat

Lu chez Ivan Rioufol :


Emeutier potentiel (2).jpgLa désinformation officielle sur l'immigration et son ampleur, que j'ai dénoncée en 2007 dans La fracture identitaire (Fayard), est un scandale qui perdure et interdit toute politique lucide face à cette possible bombe à retardement. Une fois n'est pas coutume, Marianne se fait, cette semaine, l'utile écho de cet aveuglement volontaire, dans un article intitulé : Immigration: l'Insee aurait-elle peur des chiffres ? L'hebdomadaire y rappelle les conclusions d'une étude des démographes Michèle Tribalat et Bernard Aubry. Le document fait état de 37% de jeunes d'origine étrangère en Ile-de-France, de plus de 60% dans une vingtaine de villes, d'une explosion du nombre de jeunes originaires d'Afrique sub-saharienne, d'une proportion de jeunes d'origine étrangère en très forte hausse dans l'ouest de la France. Mais c'est dans la revue Commentaire, et non dans une publication de l'Insee, que cette étude a trouvé refuge. Tribalat : "L'Insee préfère ne pas informer plutôt que de risquer de publier une nouvelle sensible. Par peur de réveiller le racisme en France".

Ce syndrome persistant du politiquement correct est, comme toujours, animé des meilleurs intentions. Mais il se révèle indéfendable quand il en vient à camoufler volontairement des réalités, voire à les sous-estimer. Je ne résiste pas à rappeler l'hilarante étude de François Héran, directeur de l'Ined (Institut national d'études démographiques), qui en 2004 avait publié un rapport, largement médiatisé, assurant : "La France n'est pas un pays d'immigration massive". Depuis, Héran n'a jamais cessé d'être promu, en remerciement d'une telle perspicacité, tandis que Tribalat n'a jamais cessé d'être placardisée. Le plus étonnant reste la passivité des médias, qui n'ont pas jugé utile jusqu'à présent (mais Marianne semble se réveiller) de dénoncer ces opérations de propagandes menées par l'Insee et l'Ined, avec l'aval des pouvoirs publics, et constitutives selon moi d'un mensonge d'Etat.

18/07/2009

Fils à papa

Filsapapa.jpgLe capitalisme français est-il génétiquement modifiable? Leurs familles prospéraient, ils prospèrent, leurs fils prospéreront. Lorsqu'on parcourt le classement 2007 des fortunes de France du magazine Challenges Challenges no 88. , on croit lire un digest du Bottin mondain. Les trois personnes les plus riches de l'Hexagone sont des héritiers: Bernard Arnault, Gérard Mulliez, Liliane Bettancourt. Sur les 20 premiers, 14 sont des fils de famille, de Martin Bouygues à Serge Dassault en passant par Vincent Bolloré. Quant aux grands patrons qui ont fondé une entreprise sans en avoir hérité, la plupart tentent de créer une nouvelle dynastie familiale en passant le flambeau à leurs enfants. Ainsi, l'homme d'affaires François Pinault a transmis les commandes de son empire à son fils François-Henri, Francis Bouygues à son fils Martin, Marin Karmitz les commandes de MK2 à son fils Nathanaël (29 ans). Chez Gaumont, Sidonie Dumas a remplacé son père, Nicolas Seydoux, à la tête du directoire et le coiffeur Jacques Dessange a passé ses ciseaux à son fils cadet Benjamin.

Les calamiteuses tribulations d'Arnaud Lagardère à la tête du groupe légué par son papa montrent pourtant que le sens des affaires n'est pas héréditaire. «Le père était un aigle, le fils un faucon, le petit-fils un vrai con», dit un proverbe bamiléké. L'endogamie s'observe aussi dans la musique, au cinéma, à la télévision, où le talent n'est pas clonable. On se croirait à Monaco, Albert succédant à Rainier... Fils et filles à papa sont partout, et pas seulement dans les états-majors des entreprises. Sur les plateaux de cinéma, comme Charlotte Gainsbourg et Lou Doillon (filles de Jane Birkin), Julie et Guillaume Depardieu, Laura Smet (fille de Johnny Hallyday et de Nathalie Baye), Eva Green (fille de Marlène Jobert), Sarah Biasini (fille de Romy Schneider) ou Arthur Jugnot. Dans les studios d'enregistrement (Marie Modiano, Jennifer Ayache - chanteuse et fille de Chantai Lauby-, David Hallyday, Pierre Souchon, Mathieu Chédid fils de Louis, Arthur H fils de Jacques Higelin), les prétoires (Arno Harsfeld, Antonin Lévy, fils de BHL) et les maisons d'édition (Mazarine Pingeot ou Justine Lévy, fille de BHL) et même chez les top models, comme Marie de Villepin. A la télévision comme Marie Drucker, Benjamin Castaldi ou Guillaume Debré, fils de Jean-Louis. En politique, tel François Baroin, Marine Le Pen, Nathalie Kosciusko-Morizet, fille de François Kosciusko-Morizet, maire de Sèvres, et soeur de Pierre Kosciusko-Morizet, 29 ans, PDG de Priceminister, ou Arnaud Péricard, fils de l'ancien maire de Saint-Germain-enLaye, candidat aux municipales.

«La tendance à la reproduction sociale et génétique des élites s'est systématisée, observe Frédéric Teulon, qui dirige le département économie et sciences sociales du pôle universitaire Léonard-de-Vinci. Elle conduit désormais à la perpétuation des lignées familiales à la tête des grandes entreprises, des médias et de l'Etat. Un phénomène amplifié par la médiatisation, qui donne au nom de famille une importance toujours plus grande.»

Dans son livre les FFD. La France aux mains des fils et filles de.... (Bourin éditeur) , il dresse la liste des 500 familles les plus visibles ou les plus influentes qu'il classe par espèce: dynasties administratives (Debré, Giscard d'Estaing), familles de chefe d'entreprise (Mulliez, Dassault), famille de comédiens (Cassel, Brasseur, Deneuve), de juristes (Lyon-Caen, Teitgen), de journalistes (Poivre d'Arvor, Servan-Schreiber), d'éditeurs (Fasquelle, Flammarion), etc.

C'est quoi, le problème?

Ce phénomène n'est pas neuf mais prend d'autant plus de relief que le reste de la société française est en crise. Au même moment, les rejetons des classes moyennes - soit 80% de la société française - sont confrontés à un véritable déclassement. Même s'ils sont plus diplômés que leurs aînés, les jeunes de 2007 sont la première génération qui, en période de paix, réussit matériellement moins bien que ses géniteurs. Ces jeunes personnes ont suivi en moyenne deux années d'étude de plus que leurs aînés, et pourtant elles connaissent le chômage, la précarisation, la dépendance aux parents. «En 1968, on pouvait être instituteur à 19 ans, avec un baccalauréat. On pouvait se faire tout seul sans parents derrière soi, dit le sociologue Louis Chauvel, auteur de l'excellent (et déprimant) essai les Classes moyennes à la dérive (La République des idées, Seuil). Il y avait de vraies marges d'ouverture pour se réaliser soi-même par le travail salarié, de vraies capacités de progression.»

Aujourd'hui, dans le monde économique, dans les médias, le show-biz, la presse, l'édition, on assiste à une multiplication des «fils de-fille de», parce qu'il est de plus en plus difficile de se faire tout seul. «Dans la société des Trente Glorieuses salariales, l'éducation et le travail généraient un courant de mobilité ascendante. On assiste aujourd'hui à un véritable retour de manivelle», note Louis Chauvel. En 1968, il y avait 6% de taux de chômage dans les douze mois de la sortie des études, et on pouvait choisir son employeur plus que l'inverse: les places étaient plus nombreuses que les candidats. Aujourd'hui, c'est l'inverse. Il y a 25% de taux de chômage dans les douze mois de la sortie des études. «Malheur à qui n'a pas le soutien du capital de sa famille, estime Louis Chauvel. S'il suffisait naguère de réussir les bons concours pour entrer dans les cercles dont on était a priori exclu par la naissance, la perspective contemporaine est plus inquiétante puisqu'elle semble exiger de plus en plus d'avoir des parents ayant eux-mêmes constitué un capital économique pour se maintenir dans les cercles centraux. «Depuis vingt-cinq ans les salaires stagnent alors que le prix des loyers, par exemple, a été multiplié par quatre. Impossible d'acheter un appartement pour un jeune couple né dans le cours des années 60-70 sans famille pour l'aider. Les jeunes diplômés vivent un appauvrissement. Au sein même des classes moyennes, s'en sortiront mieux ceux que leurs parents peuvent aider en finançant les bonnes études, en aidant à l'acquisition du premier logement ou en se portant caution solidaire... Louis Chauvel dénonce «l'accumulation patrimoniale», devenue une ressource grandissante. «L'ennui, c'est qu'elle est extrêmement înégalitaire.»

Dans une société qui inscrit l'égalité au fronton des écoles, la famille est de plus en plus une clé pour la réussite. La méritocratie républicaine est en panne, y compris à l'ENA, où les enfants du sérail sont les chouchous. Les élèves de la promotion Léopold Sédar Senghor ont pointé du doigt les «héritiers généalogiques», enfants d'énarques qui, s'ils ne représentent que 0,01% d'une classe d'âge, représentent 4,4 %du total des élèves de leur promotion. Pis, ils occupent 27,7% des postes offerts dans les grands corps. Curieusement, les enfants d'énarques ont décroché des notes de stage largement supérieures à celles de leurs camarades, avec une moyenne de 9,3 sur 10, contre 7,6 pour l'ensemble de la promotion. Un comble pour ce creuset de la méritocratie républicaine. On ne peut plus, aujourd'hui, se faire seulement par son propre travail.

Capitalisme familial, les bons côtés

En France, les sociétés familiales ont le vent en poupe. Entre 1990 et 2006, elles ont progressé de 639% contre 292% pour le reste du CAC 40. «Un différentiel significatif qui prouve sur le long terme la robustesse de ces entreprises», indique une étude du groupe Oddo, qui fait de la gestion de patrimoine. Oddo propose même un fonds particulier, Oddo Génération, qui ne recèle que des valeurs familiales. Selon une autre enquête, du Crédit suisse, les entreprises exclusivement ou majoritairement aux mains d'une famille sont plus performantes que celles à l'actionnariat plus diversifié. Pour quelles raisons? Elles privilégient la stratégie à long terme sur la performance rapide, contrôlent le management et s'attachent à leur coeur de métier: ce qui guide une famille, c'est la préservation de son patrimoine. Ainsi chez BMW, la famille Quandt a empêché la direction de s'éloigner de son coeur de métier, l'automobile, alors que Daimler Chrysler s' ouvrait vers l'aéronautique et la défense, avec les ennuis qu'on sait.

Le capitalisme familial n'est pas une exception française et offre les mêmes performances dans toute la zone euro, où plus de la moitié des sociétés cotées sont des sociétés familiales. Mais le CAC 40 est l'indice européen qui compte le plus grand nombre de groupes familiaux. Et, caractéristique franco-française, les héritiers gèrent eux-mêmes l'entreprise qui leur a été transmise. Comme en Inde, en somme.

Capitalisme familial, les mauvais cotés Rares, en France, sont les groupes comme L'Oréal dirigé non pas par l'héritière Liliane Bettancourt, mais par un véritable manager. Jean-Paul Agon, le nouveau patron, a fait toute sa carrière à l'intérieur du groupe depuis sa sortie d'HEC, comme avant lui lindsay Owen- Jones. Là, c'est le diplôme de grande école qui a servi de sésame. Dans la majorité des cas, les fils ou plus rarement les filles succèdent à leur père, lorsque celui-ci leur lègue une entreprise en bonne santé. «En France, il est quasiment impossible de léguer son entreprise à l'un de ses cadres. La législation privilégie la transmission familiale», note l'économiste Thomas Philippon, qui enseigne la finance à la Stem School Of Business de New York. Il est l'auteur du remarquable Capitalisme d'héritiers Le Capitalisme d'héritiers, la crise française du travail, de Thomas Philippon, Seuil, 10,50 Euros. , qui pour 10,50 Euros a le mérite d'offrir un regard neuf sur la crise traversée par la société française.

La première mesure en faveur de la transmission des entreprises date de 2000 La série de mesures facilitant les successions votées le 22 août dernier par l'Assemblée nationale ne concernent pas les familles les plus riches, dont les patrimoines sont bien supérieurs aux nouvelles franchises de 1 50 000 Euros accordées. : elle permet, lorsque le légataire s'organise de son vivant, une réduction d'ISF et un abattement des trois quarts des droits de succession si l'héritier prend l'engagement de conserveries titres de l'entreprise pendant six ans. «Seules les familles qui n'ont pris aucune disposition anticipatrice restent lourdement (axées, dit Jean-François Humbert. notaire à Paris. Mais les familles du CAC 40 sont suffisamment bien conseillées pour s'organiser.» La loi, en exigeant que l'héritier exerce des fonctions dans l'entreprise, encourage le népotisme. «C'est comme si on sélectionnait l'équipe olympique de 2020 parmi les enfants aînés des médaillés d'or de 2000», selon le milliardaire américain Warren Buffett. En revanche, un entrepreneur ne peut léguer sa société à un cadre méritant sans être lourdement taxé.

Les enfants gâtés

«La vie ma suffisamment gâté pour que je ne me plaigne pas», a dit Arnaud Lagardère devant la commission des Finances de l'Assemblée nationale. C'est le moins qu'on puisse dire. Fils et filles de bénéficient à l'allumage d'un avantage exceptionnel et privilégié, un training d'initiés. De celui qui est destiné à hériter, sa famille s'efforce de faire «un bon». A son fils François-Henri, le self-made-man François Pinault a fait donner des cours privés pour qu'il intègre HEC. Ses marchands d'art contemporain ont également formé le goût de son fils. Mais le père a bâti son groupe à l'instinct: est-ce réellement transmissible? Lorsque le fils ou la fille à papa rejoint l'entreprise familiale, il ou elle emprunte directement l'ascenseur de l'étage «direction». Là, on lui confie une première mission et, bien encadré, il fait ses premiers pas. De Pinault Distribution qu'il dirige à l'âge de 29 ans à la direction de PPR, François -Henri Pinault n'a connu que l'entreprise paternelle. «Je suis heureux d'avoir été sélectionné pour mes seules compétences», a-t-il déclaré à Enjeux-les Echos, à peine nommé.

Le premier Playmobil de Delphine Arnault a été la société John Galliano. A 32 ans, la fille aînée de Bernard Arnault est aujourd'hui administratrice de LVMH, et directrice de la stratégie cuir et maroquinerie de Dior. Son arrière-grand-père, Etienne Savinel, était un entrepreneur du BTP et son grand-père, Jean Arnault, un industriel du Nord. Son père Bernard a créé l'empire LVMH en se lançant dans le luxe en 1984 avec la reprise de Dior. Ravissante tige blonde, Delphine Arnault est loin de ressembler à l'héritière Paris Hilton: elle a fait de bonnes études, l'Edhec et la London School Of Economies & Political Science. Une fois diplômée, elle a travaillé deux ans chez McKinsey avant de rejoindre l'entreprise de papa. A 29 ans, elle rafle un poste de directrice: du jamais-vu dans le groupe. «J'ai été observée les deux premières semaines, racontait-elle récemment. Les gens s'inquiétaient. Mais, après, tout a été normal «Volontaire, accrocheuse, Delphine ne joue pas les divas. «En voyage, elle se lève à l'aube, enchaîne les rendez-vous, veut tout savoir, se passionne pour les produits», note un témoin qui l'a vue en Italie superviser la collection d'accessoires ou la fabrication des chaussures. Certes. A diplôme égal, il n'est pas sûr que d'autres cadres auraient obtenu aussi rapidement un poste si brillant. «Ces fils de ne sont ni mauvais ni bons, ils sont moyens», note un observateur. Antoine, le jeune frère de Delphine, a lui aussi été coopté au conseil d'administration, à l'âge de 28 ans. «J'ai la chance de connaître la plupart des administrateurs, comme Albert Frère ou Arnaud Lagardère, qui est un de mes modèles», a déclaré le malheureux Antoine. Après un diplôme à Dauphine et HEC Montréal. Antoine a fait ses games sur le Net en fondant Domainoo (noms de domaine), avant de le revendre. Fin 2002, il a rejoint Vuitton, «une marque [qu'il] aime et [qu'il] sen[t]».

De la même façon, les enfants de JeanClaude Decaux (15e fortune de France), Jean-Charles et Jean-François, se partagent le pouvoir au sein du numéro un mondial du mobilier urbain. «J'aurais détesté avoir desfils à papa qui se baladent dans de belles voitures et traînent aux Deux Magots, dit l'inventeur de l'Abribus. Cela aurait été pour moi la puis grande douleur.» Ses deux fils ont fait leurs armes à l'étranger, l'un en Allemagne, l'autre en Espagne. Christian Courtin-CJarins est devenu, en 2000, président du directoire de Clarins, après plus de trois décennies passées au côté de son père, Jacques, fondateur de la société de cosmétiques. Son frère Olivier travaille avec lui. Christian Courtin verrait bien ses filles, Claire, 20 ans, et Virginie, 22 ans, le rejoindre, une fois leurs études finies. A 34 ans. Rodolphe Saadé dirige CGM-CMA. troisième groupe mondial de transport maritime en conteneurs, fondé par son père Jacques et son oncle Johnny. Patrick Partouche, 42 ans, poursuit l'oeuvre d'Isidore à la tête de la cinquantaine de casinos qui portent leur nom. Nicolas Rousselet est désormais le PDG des Taxis G7 créés par son père André.

On peut être un fils de famille sans être une quiche

On peut être un fils de famille sans être une quiche. Et même être plutôt bon. Dans ce cas, tout le monde vous cite en exemple. Chez Danone, Franck Riboud, le plus jeune fils d'Antoine, a dû faire ses preuves, et les a faites. Lorsqu'il fut nommé aclministrateur il y a quelques années, un actionnaire demanda: «Ce M. Franck Riboud, dont vous nous demandez d'approuver la nomination est-il quelqu'un de votre famille? Si oui.BSN serait- il devenu une société familiale?» Du tac au tac, Antoine Riboud répondît: «Je ne vois pas pourquoi s'appeler Riboud serait un handicap chez BSN.» Homemade, Franck Riboud a bénéficié, il est vrai, d'une formation sur le tas enviable et enviée.

Diplômé de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne, il entre comme contrôleur de gestion chez Panzani, l'une des filiales les plus intéressantes du groupe, avant de peaufiner son apprentissage chez Danone et L'Alsacienne. Il acquiert une expertise à petite échelle: financière, commerciale et marketing, les trois vecteurs porteurs de l'entreprise. Mais, depuis, il a considérablement développé le groupe à l'international. D'ailleurs il doit son poste à ses seules compétences, puisque Danone est détenu en majorité par des fonds anglo-saxons, qui ne sont pas obligés de le reconduire dans ses fonctions. Il ne peut compter que sur un bloc d'actions détenues par sa famille qui se limite à 1%, et tire sa légitimité de son savoir-faire.

De la même façon, Vincent Bolloré, qui n'a hérité que des dettes de son père, ne doit sa soif de réussite qu'à lui-même (et peut-être à la ruine de sa famille, qui l'a rendu teigneux) . Martin Bouygues, treizième fortune de France, a remarquablement succédé à son père: il est aujourd'hui à la tête d'un groupe quatre fois plus important que celui légué par Francis. S'il ne gère pas en direct, il agit en actionnaire qui fixe les grandes orientations. Il est vrai que son père, Francis Bouygues, avait testé ses autres héritiers, Nicolas et Corinne, avant de les écarter au bénéfice de son fils cadet Martin, simple bachelier. Celui-ci a débuté en 1974 sur le pharaonique chantier des Halles, avant de créer Maison Bouygues avec son frère Nicolas. «Il existe aussi des familles de sériai entrepreneurs, dit Eric Tréguier, auteur du classement des fortunes de France du magazine Challenges. SurleWeb, par exemple, comme la famille Rosenblum.» En 1970, le père et l'oncle créaient Foto- vista, un énorme labo de développement photos. Les deux fils, Steve et Jean-Emile ont été des pionniers du commerce en ligne, créant notamment Pixmania avant de revendre le groupe.

A quoi sert un fils à papa?

Pourquoi accorde-t-on une telle place au fils à papa en France? «Associé au paternalisme, il constitue une stratégie efficace pour limiter les conflits sociaux: l'entreprise familiale est bien adaptée à la jungle des rapports conflictuels», note Thomas Philippon. Il y a une autre raison. Même lorsqu'il n'a pas inventé la Lune comme Arnaud Lagardère, le président honoraire des amis de Roland Garros, le «fils de» naît avec un carnet d'adresses accroché au cordon ombilical. Ce qui aide beaucoup à faire des affaires. Le fastueux mariage de Delphine Arnault avec un héritier d'une dynastie turinoise de vins et spiritueux, Alessandro Vallarino Gancia, 38 ans, déjà administrateur de LVMH, il y a deux ans, donne une idée du réseau qu'entretient sa famille. «Le gotha, la politique et le monde des affaires s'étaient donné rendezvous dans la cathédrale Saint- Jean-Baptiste de Bazas [Gironde] , classée au patrimoine de l'Unesco, où le père Benoist de Sinetry reçut le consentement des époux, devant un parterre de personnalités, raconte le chroniqueur Stéphane Bern, spécialiste des familles royales. Bernadette Chirac, qui s'offrit en prime une acclamation populaire en allant saluer les autres mariés de l'aprèsmidi, les ministres Thierry Breton, JeanFrançois Copé et Renaud Dutreil, (Nicolas Sarkozy les rejoignit pour le dîner au château d'Yquem et Renaud Donnedieu de Vabres au brunch dominical) mais aussi Hubert Védrine aux côtés de l'infante Elena d'Espagne et son époux don Jaime de Marichalar, les princesses Maria-Pia et Marie-Gabrielle de Savoie, le diadoque Pavlos de Grèce et son épouse Marie-Chantal, le prince Charles de Bourbon-Sicile, duc de Calabre (qui avait été choisi comme témoin par la mariée, ainsi que son frère Antoine Arnault, Ségolène Gallienne ou Khashayar Mahdhavi), et son épouse Camilla, ainsi que la princesse Olga de Grèce avec son fiancé le prince Aymone d'Aoste. Parmi les capitaines d'industrie avaient pris place Claude Bébéar, Jean-René Fourtou, Michel Pébereau, Ernest-Antoine Seillière, Henri Lachmann, Serge Dassault, le baron Albert Frère, mais aussi l'héritier Agnelli John Elkann et quelques célébrités internationales comme LizHurley, Eva Herzigova, Marisa Berenson...»

A quoi servent les gens créatifs, compétents ou méritants?

Le problème, en fait, c'est qu'une entreprise est faite d'hommes, et que pour les plus talentueux cette situation est frustrante. «Je comprends la détresse et la colère de certains salariés d'Airbus», a déclaré Arnaud Lagardère devant la commission des Finances de l'Assemblée nationale. Est-ce bien sûr? Que ressentent, aujourd'hui, les cadres et ingénieurs d'EADS qui ont porté l'aventure technologique et commerciale de l'A380 lorsqu'ils regardent le Ken hâlé qui est leur patron répondre en gloussant aux questions des députés à la commission des Finances de l'Assemblée nationale? «Le capitalisme français n'en est malheureusement pas au premier scandale de ce genre: les affaires Crédit lyonnais, Elf, Vivendi ou France Télécom constituent des précédents encore dans toutes les mémoires, note la revue Alternatives économiques. A chaque fois, un patron tout-puissant a plongé une grande entreprise dans de très graves difficultés, se jouant de ses actionnaires, qu'ils soient privés ou publics.» La revue accuse la culture du management à la française: entre héritage et parachutage, élitisme et esprit de clan, hiérarchies figées et autoritarisme. Un point de vue que partage Thomas Philippon, qui dénonce un capitalisme français privilégiant l'héritage, qu'il soit direct, sous forme de transmission successorale ou sociologique, sous la forme de la reproduction sociale par le diplôme ou le statut.

Pourquoi les Français sont-ils malheureux au travail?

«Pourquoi les Français sont-ils malheureux au travail?se demande de son côté Pierre Bilger, l'ancien patron d'Alstom. Avec le recul et la liberté d'esprit, lorsque je reviens âmes années de responsabilités, l'insatisfaction au travail est un élément qui caractérise l'entreprise française.» Selon l'enquête 2007 de l'Observatoire international des salariés, seuls 45% des salariés français estiment que leurs efforts sont reconnus, contre 56% en moyenne en Europe et 75% aux EtatsUnis L'enquête commandée par l'Observatoire international des salariés a été menée en févriermars 2007, auprès d'échantillons représentatifs de salariés de grandes entreprises et de la fonction publique. Sept pays ont été couverts (5 412 interviews): le G5 européen (France, Allemagne, GrandeBretagne, Italie, Espagne), les Etats-Unis, la Chine. . Quarante pour cent des salariés français seulement sont satisfaits de leurs possibilités d'évolution, contre 48% en Europe et 70% aux Etats-Unis. Aversion des Français vis-à-vis de l'entreprise? Pas du tout. La preuve, les Français travaillant dans des filiales de groupes étrangers - allemands ou américains - sur le territoire français manifestent plus de satisfaction et d'optimisme que ceux travaillant dans des groupes français. Ainsi, ils sont 58% à être satisfaits de leur rémunération (pour 45% dans les groupes français), 48% à penser que leurs efforts sont récompensés (pour 39% dans les groupes français) . De même, 38% seulement des salariés français travaillant pour des groupes étrangers jugent que leur situation se dégrade (pour 63% dans les groupes français) Le Capitalisme d'héritiers, la crise française du travail, de Thomas Philippon, Seuil, 10,50 Euros. . Pour Pierre

Bilger, les méthodes de management dans l'Hexagone ne sont pas épanouissantes: certes, le capitalisme familial est un gage de stabilité, mais il peut être un obstacle au renouveau des élites dirigeantes. Dans son étude le Capitalisme d'héritiers, la crise française du travail, Thomas Philippon a analysé sans parti pris la spécificité française. Appliquant une méthode statistique, comparative et historique de caractère scientifique à l'analyse de données fournies par l'OCDE, il arrive à une conclusion aussi simple que rigoureuse. S'il y a bien en France une crise du travail, elle n'est pas celle que l'on croit. Il n'y a pas de disparition du désir de travailler. Contrairement aux idées reçues, les Français accordent plutôt plus d'importance au travail que la plupart des Européens, et ils sont parmi les premiers à enseigner à leurs enfants à travailler dur. Bref, les Français ne sont pas des feignasses. Les travailleurs veulent travailler et les entrepreneurs veulent entreprendre. S'il y a d'un côté un désir de travailler et de l'autre une volonté d'entreprendre, où est le problème? «Les entreprises françaises ne pratiquent pas la promotion interne. En Allemagne, 60% des entreprises sont dirigées par des hommes entrés comme cadres. En France, 20%», dit Thomas Philippon. Les autres? Des fils à papa ou des parachutés de la fonction publique. «Avant la Première Guerre mondiale, déjà, on expliquait par le paternalisme le manque de dynamisme de l'économie française comparée à l'économie allemande», dit- il. Selon lui, cette situation a des racines historiques profondes: d'un côté, un syndicalisme figé dans une attitude de conflit. De l'autre, les hiérarchies rigides et le management autoritaire du capitalisme familial. Au milieu, des salariés frustrés, parce qu'ils ne peuvent pas prendre d'initiatives et que leur mérite n'est pas reconnu. Les cas de réussite en interne sont si rares qu'on les cite comme des phénomènes. La trajectoire d'un Jean-Pascal Tricoire chez Schneider Electric est une exception. Ce cadre, qui vient de succéder à Henri Lachmann, n'est pas un héritier. Il n'a fait ni HEC ni l'ENA ni Polytechnique il n'est «que» diplômé de l'Ecole supérieure d'électronique de l'Ouest Mais il a passé vingt ans à vendre Schneider autour du globe, accompagnant la croissance d'un groupe désormais très implanté à l'international. Ensemble, Lachmann et Tricoire ont fait progresser le groupe de 60% en deux ans.

A la tête de Sanofi Avenus, Jean-François Dehecq est un des autres rares exemples de cadre devenu patron. Orphelin de père à 16 ans, il est «seulement» ingénieur des Arts et Métiers et a fait sa carrière chez Elf Aquitaine, dont il a développé le pôle hygiène et santé. Même parcours pour un Christophe de Margerie chez Total, qui n'a pas fait l'X-Mines comme ses prédécesseurs. Pour un Tricoire, un Margerie ou un Dehecq, combien de boulons à la tête d'entreprises familiales? «Quand on observe le gigantesque gâchis que l'incurie d'un Arnaud Lagardère, actionnaire de référence, combinée à la soif de pouvoir d'un NoëlForgeard,aprovoqué au sein d'Airbus, on se dit que c'est au niveau de ses élites économiques, de leur recrutement et de leurs habitudes de fonctionnement que l'économie française aurait besoin d'une «rupture»», répond Guillaume Duval, rédacteur en chef d'Alternatives économiques.

Bon, maison fart quoi?

Refusant de pleurer sur le passe, beaucoup de jeunes Français, aujourd'hui, choisissent de faire leur vie au Canada, en Chine, aux Etats-Unis ou au Royaume-Uni, où leur diplôme dévalorisé dans l'Hexagone est recherché et respecté. Ces jeunes qualifiés trouvent à l'étranger ce qu'ils ne trouvent pas dans leurs pays. Dans les dix à vingt ans à venir, un tiers des patrons français céderont leur entreprise et 700 000 entreprises changeront de main. Le deuxième homme le plus riche d'Amérique, Warren Buffett, a légué la quasi-totalité de sa fortune de 44 milliards de dollars à la Fondation Bill & Melinda Gates, laissant une part congrue a ses héritiers naturels. Comme George Soros ou Bill Gates, il est opposé à la détaxation de l'héritage. Moins pour des motifs éthiques ou moraux que pour des raisons d'efficacité économique. «La plus mauvaise idée si l'on veut améliorer les relations dans l'entreprise, la justice sociale et la performance de l'économie française à long terme serait de supprimer l'impôt sur les successions», estime Thomas Philippon. Qui préconise une réforme en profondeur: financement des PME, représentativité des syndicats, réforme des droits de succession, mais aussi réforme de l'enseignement, puisque «le système d'éducation d'une société reflète le système social de cette société», selon Michel Crozier, sociologue. «La solution de nos problèmes n'est ni politique ni législative. Il ne faut certes pas négliger les réformes des institutions du marché du travail. Mais réformer sans s'attaquer aux raisons profondes du blocage est une démarche hasardeuse, car les sociétés humaines ont cette étrange qualité plastique qui les rend tout à la fois malléables et rigides, de sorte qu'on ne saurait longtemps empêcher les gens de faire ce qu'ils veulent, et qu'il est difficile de les amener à faire ce qu'ils ne veulent pas. On ne remettra pas durablement les Français au travail sans rendre le travail plus attractif et plus satisfaisant pour tous», écrit Thomas Philippon. Le véritable enjeu, c'est la capacité à travailler en groupe, dans le respect mutuel. Une initiation qui commence... à l'école.

Marie-Dominique Lelièvre, Marianne 2,  17 Novembre 2007

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17/07/2009

Et pourtant elle tremble

tsunami-hits-sumatra.jpgPotéger un bâtiment contre les tremblements de terre, en le rendant comme invisible : c'est la parade qu'ont imaginée des chercheurs de l'Institut Fresnel de Marseille (CNRS, université Paul-Cézanne, Ecole centrale, université de Provence), en collaboration avec l'université de Liverpool. Leurs travaux font la couverture de la revue Physical Review Letters du 10 juillet.

La confection d'une "cape d'invisibilité", familière aux amateurs de science-fiction et aux fans de Harry Potter, excite l'imagination de très sérieux scientifiques. La première expérience, réalisée en 2006 par le physicien britannique Sir John Pendry, de l'Imperial College de Londres, avait montré qu'il était possible de courber des rayons lumineux, pour les dévier de leur trajectoire, grâce à un écran de matériaux appropriés. Mais dans une longueur d'onde n'appartenant pas au domaine du visible. D'autres équipes se sont ensuite attaquées aux ondes visibles, en les infléchissant par des structures en nanomatériaux. Il reste toutefois beaucoup de chemin à parcourir, avant de pouvoir escamoter à la vue un objet ou une personne, en détournant la totalité du spectre de la lumière visible.

C'est de ce principe que se sont inspirés les chercheurs français, en le transposant des ondes électromagnétiques aux ondes sismiques. Ils ont conçu, décrit Stefan Enoch, l'un des auteurs de l'étude, un dispositif expérimental formé d'une plaque flexible, sur laquelle est fixé un cylindre de 1 cm de hauteur et de 25 cm de rayon. Le cylindre figure l'obstacle à éviter - c'est-à-dire la zone à sécuriser -, tandis que les vibrations imprimées à la plaque simulent les ondes sismiques.

UNE DOUVE DÉFENSIVE

Tout le secret tient dans le tissage de la cape d'invisibilité. Celle-ci est faite de métamatériaux, autrement dit de matériaux de synthèse n'existant pas dans la nature et dotés de propriétés particulières. Dans le cas présent, les chercheurs ont utilisé six sortes de polymères plastiques disposés, dans un ordre précis, en dix anneaux concentriques autour du cylindre. Cette ceinture a pour effet de rendre pour ainsi dire aveugles les ondes vibratoires, qui contournent la zone sensible en suivant une ligne tangentielle.

Plus le nombre d'enceintes plastiques est élevé et plus la gamme de longueurs d'onde détournées est large. Avec 40 anneaux concentriques, il est possible d'écarter les ondes dans une bande de fréquence allant de 50 à 1 000 hertz. L'occultation n'est cependant pas parfaite. Elle est inopérante - et les équations indiquent qu'il ne peut en être autrement - contre les ondes de compression (longitudinales) et les ondes de cisaillement (transversales) qui, lors d'un séisme, se propagent à l'intérieur du manteau terrestre. Elle est en revanche efficace contre les ondes de flexion, qui se déplacent en surface ou dans les couches superficielles du sol. Une chance, puisque ces dernières provoquent les dégâts les plus sérieux, en ébranlant horizontalement les fondations des édifices.

Car l'objectif est de passer du modèle de laboratoire aux protections parasismiques. Une cape d'invisibilité pourrait être déployée autour d'une maison, d'une école ou d'un hôpital, comme une douve défensive contre les secousses telluriques. Cette nouvelle étape, souligne Stefan Enoch, exige un travail en collaboration avec des spécialistes d'autres disciplines. Des géologues, d'abord, le comportement de la croûte terrestre étant autrement plus complexe que celui d'une plaque flexible. Des architectes, ensuite, pour intégrer le système aux fondations des bâtiments et élaborer les métamatériaux les mieux adaptés.

D'autres applications, à plus petite échelle, sont envisageables. Par exemple dans l'automobile et l'aéronautique, pour effacer les vibrations des moteurs de voiture, ou certaines contraintes mécaniques s'exerçant sur les avions et les hélicoptères.

Les chercheurs de l'Institut Fresnel avaient déjà conçu, en 2008, une cape d'invisibilité contre les vagues. Des plots rigides en aluminium, disposés en cercles concentriques dans un bassin d'eau animée d'un mouvement ondulatoire, permettent de créer, au centre, une zone sans turbulences. Ce système, qui va maintenant être testé en conditions réelles, pourrait être exploité en aquaculture, en facilitant l'implantation de bassins d'élevage en pleine mer, dont l'agitation serait ainsi neutralisée. Il pourrait encore servir à la protection d'installations marines comme les plateformes offshore, d'infrastructures portuaires ou de zones côtières sensibles. Voire même, un jour, déjouer les tsunamis.

Pierre Le Hir, Le Monde, 17 juillet 2009.

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16/07/2009

Péril jaune

yann-arthus-bertrand-cheveaux_3.jpgUne fois de plus la presse occidentale aborde la Chine qu’elle connaît mal au travers du prisme idéologique de la Guerre froide. Ainsi le conflit ethnico-social entre ouigours et hans donne lieu à une récitation sur l’oppression du « régime » de Pékin. Domenico Losurdo démonte ce préjugé.

Vous vous souvenez de ce qui arrivait pendant les années de Guerre froide, et surtout dans sa phase finale ? La presse occidentale n’avait de cesse d’agiter le thème des réfugiés qui fuyaient la dictature communiste pour conquérir leur liberté. Dans la seconde moitié des années 1970, après la défaite infligée au gouvernement fantoche de Saigon et aux troupes d’occupation états-uniennes, le Vietnam enfin réunifié était décrit comme une énorme prison, d’où s’enfuyaient désespérés les boat people, entassés sur des bateaux de fortune au péril de leur vie. Et, avec les variations dévolues à chaque cas, ce motif était récurrent à propos de Cuba, de la République démocratique allemande et de tout autre pays « excommunié » par le « monde libre ». Aujourd’hui, tout le monde peut constater à quel point, depuis les régions orientales de l’Allemagne, de la Pologne, de Roumanie, d’Albanie etc., malgré la liberté finalement conquise, le flux migratoire vers l’Occident continue voire s’accentue ultérieurement. Si ce n’est que ces migrants ne sont plus accueillis comme des combattants de la cause de la liberté, mais souvent repoussés comme des délinquants, du moins potentiels.

 

Les modalités de la grande manipulation se révèlent à présent claires et évidentes : la fuite du Sud vers le Nord de la planète, de la zone moins développée (où se situait aussi le « camp socialiste ») vers la zone plus riche et développée, ce processus économique a été transfiguré par les idéologues de la guerre froide comme une entreprise politique et morale épique, exclusivement inspirée par le désir sublime d’atteindre la terre promise, à savoir le « monde libre ».

 

Une manipulation analogue est encours sous nos yeux. Comment expliquer les graves incidents qui en mars 2008 se sont déroulés au Tibet et qui, à une plus grande échelle, éclatent ces jours-ci au Xinjiang ? En Occident, la « grande » presse d’ « information » mais aussi la « petite » presse de « gauche » n’ont pas de doute : tout s’explique par la politique liberticide du gouvernement de Pékin. Et pourtant, un fait devrait nous faire réfléchir : le fait que la fureur des manifestants, bien plus que les institutions d’État, prenne pour cible les Hans, et surtout les magasins des Hans. Et pourtant, on peut lire sur n’importe quel livre d’histoire que dans le Sud-Est asiatique (dans des pays comme l’Indonésie, la Thaïlande, la Malaisie) la minorité chinoise, qui grâce souvent à son passé de culture d’entrepreneurs exerce un poids économique nettement supérieur à sa dimension démographique, est régulièrement « bouc émissaire et victime de véritables pogroms ». Oui, dans le Sud-Est asiatique « la réussite économique des Hua qiao (des Chinois d’outre-mer) s’est en effet accompagnée de jalousies, qui aboutissent régulièrement à des explosions de violence anti-chinoises qui viennent parfois troubler les relations diplomatiques. Ce fut le cas notamment en Malaisie, tout au long des années 1960, et en Indonésie en 1965, lorsque les troubles internes sont prétexte au massacre de plusieurs centaines de milliers de personnes. Trente ans plus tard, les émeutes qui entourent la chute du dictateur Suharto en Indonésie qui s’en prennent systématiquement à la communauté chinoise, viennent rappeler la fragilité de la situation ». Ce n’est pas un hasard si la haine contre les Chinois a souvent été comparée à la haine contre les juifs.

 

Avec le développement extraordinaire que sont en train de connaître le Tibet et le Xinjiang, dans ces régions aussi tendent à se reproduire les pogroms contre les Hans, qui sont attirés par les nouvelles opportunités économiques et qui voient souvent leurs efforts couronnés de succès. Le Tibet et le Xinjiang attirent les Hans de la même façon que Pékin, Shangai et les villes les plus avancées de la Chine attirent les entrepreneurs et les techniciens occidentaux (ou Chinois d’outre-mer) : ceux-ci jouent souvent un rôle important dans des secteurs où ils peuvent encore faire valoir leur spécialisation supérieure. Cela n’a pas de sens d’expliquer les graves incidents au Tibet et au Xinjiang par la théorie de l’ « invasion » han, théorie qui ne fonctionne certes pas pour le Sud-Est asiatique. Par ailleurs, même en Italie et en Europe, la lutte contre l’ »invasion » est le cheval de bataille des xénophobes.

 

Mais revenons maintenant au Xinjiang. Voilà comment est décrite la situation en cours, en 1999, sur la revue Limes du général italien Fabio Mini : un extraordinaire développement est en cours et le gouvernement central chinois est engagé à « « financer, presque sans se préoccuper du retour sur investissement, d’immenses travaux d’infrastructure ». À ce qu’il semble, le développement économique va de pair avec le respect de l’autonomie : « La police locale est composée pour la majeure partie de ouigurs ». Malgré cela, l’agitation séparatiste ne manque pas, « partiellement financée par des extrémistes islamistes, comme les talibans afghans ». Il s’agit d’un mouvement qui « se mêle à la délinquance commune », et qui se couvre d’« infamies ». Les attentats semblent prendre d’abord pour cible les « ouigours tolérants ou "collaborateurs" », ou les « postes de police », contrôlés, comme nous l’avons vu par les ouigours. Dans tous les cas, concluait le général Mini, qui ne cachait pourtant pas ses sympathies géopolitiques pour la perspective séparatiste, « si les habitants du Xinjiang étaient appelés aujourd’hui à un referendum sur l’indépendance, ils voteraient probablement en majorité contre » [1].

 

Et aujourd’hui ? Dans la Stampa Francesco Sisci écrit de Pékin : « De nombreux Hans d’Urumqi se plaignent des privilèges dont jouissent les ouigours. Ceux-ci, en effet, en tant que minorité nationale musulmane, à niveau égal, ont des conditions de travail et de vie bien meilleures que leurs collègues hans. Un ouigour a la permission, au bureau, d’interrompre plusieurs fois par jour son travail pour accomplir les cinq prières musulmanes traditionnelles quotidiennes […] Ils peuvent en outre ne pas travailler le vendredi, jour férié musulman. En théorie, ils devraient récupérer cette journée en travaillant le dimanche. Mais, de fait, le dimanche, les bureaux sont déserts […] Un autre aspect douloureux pour les Hans, soumis à la dure politique d’unification familiale qui impose encore l’enfant unique, est le fait que les ouigours peuvent avoir deux ou trois enfants. En tant que musulmans, ensuite, ils ont des allocations en plus de leur salaire « étant donné que, ne pouvant pas manger de porc, ils doivent se replier sur l’agneau, qui est plus cher » [2].

Cela n’a pas de sens, alors, comme le fait la propagande pro-impérialiste, d’accuser le gouvernement de Pékin de vouloir effacer l’identité nationale et religieuse des ouigours.

Évidemment, outre, d’un côté, le danger représenté par des minorités empoisonnées, dans certains secteurs, par le fondamentalisme, et d’un autre côté excitées par l’Occident, il faut ne pas oublier le danger du chauvinisme han, qui se fait aussi sentir ces jours-ci : et c’est un problème sur lequel le Parti communiste chinois a toujours attiré l’attention, de Mao Tsé Toung à Hu Jintao. Ceux qui, à gauche, sont enclins à transfigurer le séparatisme des Ouigours feraient bien de lire l’interview donnée, quelques semaines avant les derniers événements, par Rebiya Kadeer, la leader du mouvement séparatiste ouigour. Depuis son exil états-unien, parlant avec une journaliste italienne, voici comment s’exprime la dame susnommée : « Tu le vois, tu te comportes comme moi, tu as la même peau blanche que moi : tu es indo-européenne, tu voudrais être opprimée par un communiste à la peau jaune ? » [3]. Comme on le voit, l’argument décisif n’est pas la condamnation de cette « invasion » han et n’est même pas l’anticommunisme. Plutôt, la mythologie aryenne, ou « indo-européenne », exprime-t-elle toute sa répugnance pour les barbares à la « peau jaune ».

Le « péril jaune » fait encore recette

Que se passe-t-il dans le Xinjiang ?

par Domenico Losurdo

Le réseau Voltaire, 15 juillet 2009

Domenico Losurdo

Philosophe et historien communiste, professeur à l’université d’Urbin (Italie). Dernier ouvrage traduit en français : Nietzsche philosophe réactionnaire : Pour une biographie politique.

 

Fatal war game

abaq.jpgLe Dauphin a émergé de l’eau face aux baigneurs en villégiature à Eilat, le port israélien dans le golfe d’Aqabah en Mer Rouge. Ce n’était cependant pas un cétacée, mais un Dolphin, un des sous-marins israéliens armés de missiles nucléaires. La nouvelle a fait sensation. Ce n’est pourtant pas un mystère que les Dolphin croisent en Mer Rouge pour tenir l’Iran sous leur ligne de feu : nous l’avons écrit il y a sept ans. [1]. Les trois premiers sous-marins de cette classe, dotés des systèmes de navigation et de combat les plus sophistiqués, ont été fournis à Israël par l’Allemagne, dans les années 90, sous forme de don. Sur requête israélienne, aux six tubes de lancement de 533 mm, adaptés aux missiles de croisière à courte portée, on a ajouté dans chaque sous-marin quatre tubes de 650 mm, pour le lancement de missiles de croisière nucléaires à longue portée : les Popeye Turbo, qui peuvent atteindre un objectif à 1 500 kms. Ce sont des missiles dérivés des missiles états-uniens, dont la société israélienne Raphaël et Lokheed-Martin ont réalisé aussi, conjointement, une version pour avions.

En 2010, aux trois sous-marins de combat nucléaires s’en ajouteront deux autres, toujours fournis par l’Allemagne. Ils sont construits par les chantiers Howaldtswerke-Deutsche Werft AG pour 1,27 milliards de dollars, dont un tiers financé par le gouvernement allemand. Le Jérusalem Post confirme que les deux nouveaux sous-marins aussi, dont le sigle est U-212, sont construits selon les “spécificités israéliennes” : ils ont une plus grande vitesse (20 nœuds) et un plus grand rayon d’action (4 500 km) et sont plus silencieux pour pouvoir s’approcher des objectifs sans être identifiés.

Selon les experts nucléaires, un des trois Dolphins fournis par l’Allemagne, est gardé pour la navigation en mer Rouge et dans le Golfe Persique, l’autre en Méditerranée, et le troisième reste en réserve. Avec l’ajout de deux autres, le nombre de ceux qui sont en navigation, prêts à l’attaque nucléaire, pourra être doublé. Et ceci n’est qu’une partie des forces nucléaires israéliennes, dont le potentiel est estimé à 200-400 têtes nucléaires, avec une puissance équivalente à presque 4 mille bombes d’Hiroshima, et dont les vecteurs se montent à plus de 300 chasseurs états-uniens F-16 et F-15, et environ 50 missiles balistiques Jericho II sur rampes de lancement mobiles. Ces armes et d’autres armes nucléaires sont prêtes au lancement 24h sur 24.

Le gouvernement israélien, qui refuse de signer le Traité de non-prolifération, ne reconnaît pas qu’il possède des armes nucléaires (dont l’existence est reconnue par l’Agence internationale pour l’énergie atomique), mais laisse entendre qu’il les a et peut les utiliser. Ainsi s’explique pourquoi le Dolphin est apparu sous les yeux des baigneurs d’Eilat et pourquoi le Jerusalem Post informe qu’il a transité par le Canal de Suez, au retour d’une manœuvre en Mer Rouge. Comme l’écrit ce même journal, c’est “un signal à l’Iran”. En d’autres termes, une façon de faire comprendre à l’Iran et à d’autres pays de la région, lesquels ne possèdent pas d’armes nucléaires, qu’Israël, par contre, en a et est prêt à les utiliser.

Dernier « signal d’avertissement à l’Iran », la nouvelle, rapportée par Haaretz, qu’hier, deux autres navires de guerre israéliens, le Hanit et le Eilat, ont traversé le Canal de Suez en direction de la Mer Rouge. Le Hanit y avait déjà transité en juin avec le sous-marin Dolphin. Ceci implique un accord israélo-égyptien de fonction anti-iranienne. Les sources militaires israéliennes elles-même parlent d’un « changement de politique », qui permet aux unités de la marine de transiter librement par le Canal. C’est ce qu’a confirmé le ministre égyptien des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit, qui a qualifié de « légitime » l’utilisation militaire du Canal de Suez par Israël, établie par « un accord entre Le Caire et Jérusalem ». Il existe donc une liaison stratégique plus étroite entre la L’Iran dans le colimateur des Dauphins

par Manlio Dinucci*

Après avoir nié avec véhémence avoir autorisé la marine israélienne à utiliser le canal de Suez, le gouvernement égyptien a admis l’évidence. Il a alors évoqué l’application de la Convention de Constantinople —autorisant le passage d’un bâtiment militaire pouvu qu’il ne soit pas menaçant envers le pays hôte— pour mieux masquer les accords de défense israélo-égyptiens. Mais aviez-vous réalisé qu’Israël —puissance nucléaire de facto associée à l’OTAN— peut désormais positionner ses missiles n’importe où dans les cinq océans ?

Méditerranée, la Mer Rouge et le Golfe Persique.

Et tandis qu’Israël s’exerce à l’attaque nucléaire contre l’Iran, les leaders du G8 (quasiment tous souteneurs actifs du programme nucléaire iranien), dénoncent « les risques de prolifération posés par le programme nucléaire iranien », dans les documents approuvés à L’Aquila le 8 juillet « au cours du dîner ».

Manlio Dinucci

Géographe et géopolitologue. Derniers ouvrages publiés : Geograficamente. Per la Scuola media (3 vol.), Zanichelli (2008) ; Escalation. Anatomia della guerra infinita, DeriveApprodi (2005).

Voltaire, le réseau, 15 juillet 2009.

"Et c'est ainsi qu'YHW est grand", pouvons-nous ajouter en conclusion, à la manière du maître.

02:08 Publié dans Apocalypse | Lien permanent | Commentaires (0)

15/07/2009

Paris-Berlin-Moscou

Forêt.jpgLes chiffres. Depuis plusieurs années, la Russie connaît une surmortalité des hommes. " Un homme sur trois meurt entre 20 et 60 ans ", explique Anatoli Vychnevski, directeur de l'Institut de démographie de Moscou. Les hommes russes ont une espérance de vie plus basse qu'au Bangladesh : 61,4 ans (73 ans pour les femmes), contre 63, 8 ans dans les années 1960.

Résultat : entre 1993 et 2009, la population du pays est passée de 148, 9 millions d'habitants à 141,9. Et le comité d'Etat aux statistiques a calculé que la Russie perdrait, de 2008 à 2025, 11 millions de personnes.

Les causes. Le tabagisme, la mauvaise alimentation et surtout l'alcoolisme, à l'origine de 500 000 morts par an, sont les principales causes du déclin de la population.

De plus, la santé publique dispose de peu de moyens : 4,2 % du PIB russe y était consacré en 2007 contre 8 % à 10 % dans les pays occidentaux. La crise démographique, aussi due au vieillissement, a des origines plus anciennes que les difficultés dues à la transition des années 1990 : " Le pays ne participe plus à la baisse de la mortalité depuis plus de quarante ans ", affirme une étude parue au début de l'été.

Les remèdes. Grâce au doublement des allocations familiales et à la création d'une prime de maternité, la natalité a augmenté de 4 % au premier trimestre par rapport à 2008. Mais les démographes russes jugent cette croissance " temporaire ".

Seul le recours à l'immigration pourrait compenser la décroissance naturelle et maintenir un niveau acceptable de population active. Ainsi, les terres russes limitrophes de la Chine, qui ne sont plus cultivées faute de paysans, attirent les travailleurs chinois.

23:34 Publié dans Apocalypse | Lien permanent | Commentaires (0)

08/07/2009

Spermer sans bourse délier

sperme.jpgDu sperme créé par des cellules souches

Des scientifiques britanniques ont annoncé aujourd'hui qu'ils avaient créé du sperme humain à partir de cellules souches embryonnaires, une première qui devrait mener à une meilleure compréhension des mécanismes de la fertilité.L'équipe de l'université de Newcastle et du NorthEast England Stem Cell Institute (NESCI), menée par le professeur Karim Nayernia, a développé une nouvelle technique permettant de fabriquer du sperme humain en laboratoire, à partir de cellules souches embryonnaires porteuses des chromosomes XY (mâle).

Ce sperme produit en laboratoire ne sera pas utilisé pour la fécondation d'ovule, ce que la loi n'autorise pas. Ces scientifiques espèrent cependant que la législation évoluera suffisamment rapidement pour que cette technique soit à terme validée comme traitement contre l'infertilité masculine.Une fois la technique perfectionnée, le professeur Nayernia considère qu'elle pourrait, d'ici une dizaine d'années, être proposée par exemple à de jeunes enfants ayant subi une chimiothérapie qui les rend actuellement stériles.

"C'est un important développement, car il permettra aux chercheurs d'étudier en détail comment le sperme se forme, ce qui devrait mener à une meilleure compréhension de l'infertilité masculine, pourquoi elle arrive et ce qui la cause", a déclaré le professeur Nayernia."Cette compréhension pourrait nous permettre de développer de nouveaux moyens d'aider les couples souffrant de stérilité, de manière à ce qu'ils puissent avoir un enfant qui soit génétiquement le leur", a-t-il ajouté.

Dans la technique développée à Newcastle, les cellules souches porteuses des chromosomes XY ont complété leur division cellulaire (méiose), pour donner un sperme fonctionnel, selon ses concepteurs.En revanche, les cellules porteuses des chromosomes XX (femelles) ont donné des spermatogonies, stade initial du spermatozoïde, mais sans aller plus loin dans la méiose. Cela prouve, selon les chercheurs, que le chromosome Y reste indispensable à la production de sperme.

Cette découverte devrait aussi aider à mieux comprendre comment les maladies génétiques se transmettent de génération en génération.

23:50 Publié dans Apocalypse | Lien permanent | Commentaires (0)

06/07/2009

Le satanisme: la religion qui est crainte

Rops2.jpgpar le Magus Peter H. Gilmore

Lorsque Anton Szandor LaVey se rasa le crâne et fonda l’Église de Satan le 30 avril 1966, il savait pertinemment qu’il deviendrait bientôt le centre d’attention des gens sur l’ensemble de la planète. Maintenant qu’est passé le trentième anniversaire de cette nuit fatidique, est-ce que le monde comprend vraiment la signification de la seule religion organisée de l’histoire a avoir adopté comme son symbole l’image ultime de fierté et de rébellion, et pour beaucoup, du mal ?

Et y a-t-il de véritables raisons pour craindre ce phénomène contemporain florissant qu’est le satanisme ? En tant que prêtre dans l’Église de Satan et représentant médiatique, je peux affirmer tout bonnement que « Oui ! ’» Cependant, ce que la population générale a choisi de craindre n’est qu’un portrait ridicule dépeint en un technicolor risible par des agitateurs médiatiques dont le seul objectif est d’exciter les gens, par des évangélistes se démenant pour remplir leurs comptes bancaires et pour sauver les bijoux de leurs maîtresses, et — encore plus inquiétant — par certaines branches de la communauté thérapeutique ayant trouvé une véritable mine d’or dans le traitement de soi-disant survivants d’abus rituels qui n’offrent aucunes preuves pour étayer leurs histoires d’horreur (qui ressemblent étrangement aux histoires de femmes que Freud a qualifié d’hystériques), autre le fait qu’ils croient vraiment avoir été victimes. Je ne perdrai pas mon temps à réfuter ces affirmations absurdes voulant qu’il y ait une conspiration internationale de satanistes cherchant à asservir l’humanité par la consommation abusive de drogues et le sacrifice d’enfants ayant été engendrés à cette seule fin par des femmes émotionellement instables. Ces mythes ont été complètement détruits par d’autres ressources (le Centre National d’Analyse des Crimes Violents du FBI : Guide d’enquête sur les allégations d’abus rituels sur des enfants, janvier 1992 ; le rapport du Comité d’examen scientifique sur les Religions : Le satanisme en Amérique, octobre 1989 ; le rapport du Département de la Santé du gouvernement brittanique : L’ampleur et la nature des abus rituels organisés, HMSO, 1994). Examinons plutôt le satanisme contemporain pour ce qu’il est vraiment : une religion brutale d’élitisme et de darwinisme social cherchant à rétablir le règne des compétents sur les idiots, à rétablir une justice rapide et efficace en lieu de l’injustice, et rejetant complètement l’égalitarisme comme étant un mythe ayant retardé le progrès de l’espèce humaine ces deux milles dernières années. Est-ce cela que vous craignez ? Si vous faites partie de l’une des majorités humaines médiocres n’existant que comme bourdon médiatique, alors vous pouvez en être sûr !

La philosophie de satanisme est exposée dans les oeuvres de Anton Szandor LaVey. Ces écrits comprennent La Bible satanique, Les rituels sataniques, La sorcière satanique (originalement publié sous le titre de La sorcière complète), Le carnet diabolique et La parole de Satan. Ceux-ci sont toujours en vente et devraient être consultés par quiconque désire se faire une idée complète sur les positions et vues de l’Église de Satan. Vous pouvez également obtenir de plus amples informations en consultant les deux livres de Blanche Barton (la conjointe de M. LaVey, mère de son fils Satan Carnacki LaVey et Grande prêtresse de l’Église), La vie cachée d’un sataniste, la biographie autorisée de Anton LaVey (publié par Feral House) et L’Église de Satan (publié par Hell’s kitchen productions). Ces deux ouvrages contiennent une véritable mine de renseignements concernant l’histoire et les pratiques actuelles de l’Église de Satan.

Pour ceux qui n’ont pas encore étudié ces publications, il existe trois ensembles sommaires de lignes directrices, que LaVey a composé au cours des années et émisent par l’Église, pouvant permettre au non initié d’avoir une vision synthétique de la philosophie satanique. Le premier ensemble est composé des « Neuf Déclarations sataniques » qui forment l’ouverture de La Bible satanique et servent d’assises au sataniste.

Le second ensemble, constitué des « Onze règles sataniques de la Terre », fut composé à la même époque, mais il fut jugé trop franc et trop sévère pour être publié. Cet ensemble fut donc réservé à nos membres seulement. C’est ici qu’est décrété la « Lex Satanicus », une loi de la jungle concernant l’interaction sociale.

Puisque nous avons déclaré ce que nous recherchons, nous avons décidé qu’il était grand temps de faire la liste des comportements que nous voulons éviter dans la communauté satanique. Les satanistes admettent que nous sommes humains et que nous cherchons à nous perfectionner, mais nous pouvons parfois tomber dans des modèles d’agissements négatifs. Ainsi prit naissance la liste des « Neuf péchés sataniques », un ensemble de lignes directrices s’adressant à ce que les satanistes considèrent comme des comportements non productifs à être identifiés et éliminés du quotidien d’une personne.

Veuillez prendre le temps de suivre ces hyperliens et de lire ces trois documents avant de continuer à lire cet essai.

Ces document sont la somme des rudiments de la philosophie satanique. Il est certain que ceux-ci n’ont rien à voiravec les attitudes judéo-chrétiennes prévalantes telles que l’altruisme et le sacrifice personnel ; ils peuvent donc sembler quelque peu étranges et même effrayants pour des individus ayant grandi dans une telle vision du monde. Réalistement parlant, le code de conduite satanique est basé sur la nature humaine telle qu’elle est et vient ainsi de façon naturelle pour l’ensemble des personnes qui n’ont pas été profondément endoctrinés par des systèmes de croyances s’opposants à la rationalité et à la vitalité. C’est un fait indéniable que bien des personnes aujourd’hui se disent chrétiennes sans savoir véritablement toute les implications de cette philosophie, elles se comportent donc alors d’une manière satanique. Nous croyons qu’il est grand temps que cela soit admit et que les gens disent être ce qu’ils sont vraiment plutôt que de dire ce qui est plus socialement commode à leurs yeux.

Comme vous pouvez le voir, il n’y a aucun élément d’adoration diabolique dans l’Église de Satan. De telles pratiques sont vues comme étant des hérésies chrétiennes ; une croyance en la cosmologie chrétienne dualiste où « Dieu combat le Diable » et où le sataniste ne serait qu’un individu ayant choisi le camp du Seigneur des Ténèbres. Les satanistes ne croient pas au surnaturel, pas plus en Dieu qu’au Diable. Pour le sataniste, il est son propre Dieu. Satan n’étant qu’un symbole représentant l’Homme vivant selon ce que lui dicte sa nature charnelle et fière. La réalité derrière Satan étant tout simplement la force évolutive obscure de l’entropie qui pénètre l’ensemble de la nature et anime la survie et la propagation inhérentes à toutes choses vivantes. Satan n’est pas un entité consciente à adorer, c’est plutôt un réservoir de pouvoir présent chez chaque humain et auquel celui-ci a accès à volonté. Ainsi, tout concept de sacrifice est rejeté comme étant une abhération chrétienne — dans le satanisme, il n’y a aucune divinité à qui se sacrifier.

Les satanistes font l’expérience du supranormal dans la pratique rituelle ou Haute magie. Cette pratique est une technique pour influencer le cours des événements humains pour obtenir les résultats cherchés en atteignant un état émotionnel extrême dans un contexte rituel, projetant ainsi une vision de ce que vous désirer voir ce produire (le À Être), qui, si vos niveaux d’adrénalines sont assez élevés, se répandra dans l’inconscient de ceux ou celles que vous désirez influencer et les amèneront à se comporter comme vous le Désirez lorsque le temps sera propice. Cela ne signifie pas que tout est possible, car un énorme montant d’énergie est nécessaire pour effectuer un puissant sort, et il est souvent difficile d’influencer les événements en les faisant sortir de l’inertie de leur direction actuelle. Être conscient de vos propres capacités et de ce qui est possible de réaliser sont la marque d’un magicien satanique couronné de succès. La théorie et la pratique de la Haute magie se retrouvent dans La Bible satanique et Les rituels sataniques. Les satanistes pratiquent aussi la Basse magie qui se résume à la manipulation quotidienne de vos compagnons afin d’atteindre vos fins. Des techniques sont présentées en détail dans La sorcière satanique.

Nous avons pu constater récemment que certains évangélistes et certains académiciens targuent le satanisme d’être un mouvement néo-nazi. Un telle étiquette est inexacte. Le mouvement nazi tirait la plus grande partie de sa puissance dans une doctrine raciste de la supériorité aryenne. Le satanisme est beaucoup plus perceptif que cela. Bien qu’il existe des différences biologiques prouvables entre les races et des différents niveaux de performance démontrables dans plusieurs champs d’activités, il est assez irrationnel de pouvoir croire que l’élitisme d’une personne sera déterminé exclusivement par la couleur de sa peau. Même si une personne provient d’un bagage génétique prometteur, par là nous entendons qu’il descend d’ancêtres qui fait la preuve que leurs capacités posaient des performances supérieures, cela ne garantit pas l’avancement réussi de cette personne. Non ; nous, les satanistes, ne reconnaissons un individu comme faisant partie de l’élite que si il le prouve en cultivant au maximum possible les habilités que la nature lui a donné. Cela exige la vertu satanique de la discipline, une qualité que nous tentons d’installer dans notre propre jeunesse de fer. Les individus composant l’élite proviennent de toutes les origines ethniques et ils sont accueillis à bras ouverts par les satanistes qui les reconnaissent comme les êtres supérieurs qu’ils sont — créant ainsi une ethnie uniquement satanique.

Les satanistes chérissent l’individualisme, quelque chose qui ne s’obtient pas facilement si on ´ marche sur des œufs ª constamment. Cependant, nous ne nous adonnons pas à un atmosphère de « n’importe quoi n’importe comment » où les valeurs sont relatives et rien ne surpasse la morasse du commun. Le sataniste encourage un retour à des valeurs plus traditionnelles dans les domaines de l’art et de la littérature, telle que la maîtrise des techniques et des communication affectives, la maîtrise de la forme et de la fonction, du dessin et de l’exécution. Dans la culture occidentale, les satanistes considèrent qu’une grande quantité de choses sont à chérir comme étant les sommets de la réalisation humaine ; plutôt que de les enterrer, comme il est devenu courant de le faire dans certains cercles académiques récemment, avec le rinçage des efforts multiculturalistes pour les déplacer et les remplacer par des réalisations douteuses simplement parce que celles-ci ne sont pas occidentales. Nous appelons chaque individu à rechercher la grandeur humaine où qu’elle puisse se trouver, des voûtes de l’histoire aux producteurs talentueux d’aujourd’hui, et de tourner en dérision les escroqueries à la mode pour les masques superficiels qu’elles sont en réalité. Puisque le sataniste représente l’acceptation de l’homme comme un animal, il y a eut bien des créateurs dans plusieurs cultures passés qui ont eut le génie d’embrasser et d’explorer cette position dans leurs propres contextes sociaux, nous recherchons donc ces oeuvres artistiques et philosophiques et les considérons comme étant les racines de notre conscience actuelle.

Les satanistes perçoivent la structure sociale humaine comme étant stratifiée, ainsi chaque personne atteint un niveau proportionnel au développement (ou au manque de développement) de ses talents naturels. Le principe de la survie du plus fort est préconisé dans toutes les couches de la société, allant de permettre aux individus de réussir ou échouer jusqu'à permettre aux nations qui ne peuvent pas se débrouiller à assumer les conséquences de leur incapacité. Toutes formes d’aide, dans chaque couche sociale et à tout niveaux, sera donnée sur la base du « donnant, donnant. » Il y aurait une réduction simultanée de la population mondiale pendant que les faibles pourraient vivre les conséquences du darwinisme social. La nature a toujours procédé de la sorte pour purifier et renforcer ses enfants. Cela est sévère, mais c’est comme ça que le monde fonctionne. Nous embrassons la réalité et nous n’essayons pas de la transformer en une utopie qui est contraire à l’essence même de l’existence. Les applications pratiques de cette doctrine verraient la disparition complète du système de bien-être social, de l’aide internationale gratuite, ainsi que la création de nouveaux programmes pour récompenser et encourager les individus talentueux à exceller personnellement dans toutes les disciplines. Une méritocratie remplacera la pratique d’injustices telles l’action affirmative et les autres programmes destinés à punir les individus compétents et à récompenser ceux qui n’ont aucun mérite.

Les satanistes cherchent également à améliorer les lois naturelles en misant sur l’adoption de pratiques eugéniques. Cela ne constitue pas un doctrine exotique quelconque pondue par le cerveaux des médecins délirants du Troisième Reich. C’est une pratique qui encourage les personnes talentueuses à se reproduire pour enrichir le patrimoine génétique à partir duquel notre espèce croit. Cette pratique a été couramment utilisée partout dans le monde, comme l’atteste un texte sur l’eugénisme écrit par l’union de tempérance des femmes chrétiennes, jusqu’au moment où les excès du nazisme lui ont fait une mauvaise réputation. Les satanistes cherchent à accoupler les meilleurs avec les meilleurs, jusqu’au jour où nous pourront enfin percer le code génétique et sélectionner les caractères de nos enfants à volonté. Les satanistes qui sont conscient de leur nature défectueuse s’abstiennent de se reproduire.

Les satanistes sont particulièrement dégoûtés par le niveau incroyable d’activités criminelles qui abondent aujourd’hui et prônent donc un retour à la ´ Lex Talionis ª romaine ; que la punition soit apparentée et proportionnelle au crime commis. Pour accomplir cela, nous aimerions voir l’instauration d’une force d’élite policière composée d’hommes et de femmes au sommet de leur condition physique et mentale, qui seraient entraîné(e)s à des techniques de pointe de la lutte au crime, possédant les moyens et ressources pour traiter avec la vermine qui font de plusieurs de nos cités de véritables jungles bétonnées. L’homme est un animal social et fait son contrat social avec ses pairs, donc des règles de conduites sont établis pour maximiser la liberté d’interaction individuelle. La désobéissance à ces règles entraînerait une punition rapide et efficace, et probablement publique du même coup. Cela n’implique pas l’incarcération d’individus dans des institutions aux frais des victimes pour une soi-disant réhabilitation. Non. Nous devons utiliser sciemment ces criminels à des fins plus utiles, comme de nettoyer et réparer, dans des camps de travail forcé, l’environnement qui a été si polluée par l’insouciance du règne de la philosophie spirituelle chrétienne présentant l’homme comme supérieur aux autres créatures et lui donnant le droit divin d’en abuser à volonté. L’homme est un animal, et il doit recommencer à agir comme l’un d’entre eux — c’est-à-dire en ne souillant plus sont propre gîte comme seuls les humains déviants peuvent le faire.

L’Église de Satan poursuit un plan en cinq points pour amener la société dans des directions considérées comme bénéfiques par les satanistes. Le premier point est la promotion de la reconnaissance populaire et l’acceptation de la stratification, qui n’est rien d’autre que l’élimination systématique de l’égalitarisme partout où il s’est niché. La médiocrité devrait être identifiée et méprisée. Les imbéciles devraient souffrir à cause de leur comportements. Ceux qui sont vraiment beaux et magnifiques sont à chérir. Chaque individu doit choisir lui-même ses propres normes esthétiques, mais nous considérons toutefois que certains éléments du succès sont indéniables, même si ils ne plaisent pas à tous le monde. Par exemple, personne ne peut nier la qualité supérieure inhérente aux symphonies de Beethoven, aux sculptures de Michel-Ange, aux tableaux de De Vinci ou aux pièces de Shakespeare. Plusieurs satanistes oeuvrent à créer leur propre citadelles d’excellence en dehors du courant culturel populaire, ils ont préserver les richesses du passé et continuent de créer des oeuvres puissantes à être exposées à ceux qui sauront vraiment l’apprécier.

Le second point est l’imposition d’une taxation stricte de toutes les églises. Cela enlèverait toutes formes d’endossement gouvernemental et forcerait ces parasites à ne dépendre que de leurs propre membres, et si ils ne le peuvent pas, alors qu’ils périssent comme ils se doit. L’Église de Satan n’a jamais chercher à obtenir un statut d’exemption de taxes et met toutes les églises du monde au défi de se tenir sur leurs propres pieds d’eux mêmes. Exposons la nature vampirique des religions organisées et voyons voir si elles seront capable de soutenir la lumière du jour.

Troisièmement, nous demandons le retour de la Lex Talionis dans société humaine. La tradition judéo-chrétienne qui est présente sous le déguisement de l’humanisme libéral a exalté le criminel aux dépends de la victime, enlevant toutes responsabilités aux délinquants avec leur doctrine de clémence. Un tel raisonnement est un véritable affront à l’idéal de la justice. Cela doit prendre fin ! Les individus doivent être tenus responsables de leurs actes ; nous devons cesser de leur permettre de s’en tirer en blâmant la société, l’histoire ou tout autre prétendues influences « extérieures. » Il ne devrait pas être surprenant d’apprendre que plusieurs satanistes font partie des forces de l’ordre et qu’un nombre considérable de personnes faisant partie des divers systèmes judiciaires sont en accord complet avec la philosophie sataniste sur ce point. Si la loi n’est pas respectée, les satanistes prônent la pratique de la vengeance personnelle — mais soyez bien certain de connaître les conséquences d’une telle entreprise dans une société aussi corrompue que celle d’aujourd’hui. Dans l’état actuel des choses, la détresse provoquera possiblement un retour bien attendu à la vrai justice.

En quatrième lieu, les satanistes endossent la création d’une nouvelle industrie, celle du développement et de la promotion de compagnons humains artificiels. Ces humanoïdes seront construits de manières à être aussi réalistes que possible et seront disponibles à quiconque pourra se les permettre. Conscient que l’animal humain se valorise souvent en rabaissant les autres, une telle industrie offrirait un exécutoire sain et efficace pour assouvir un tel comportement. Vous aurez le ou la partenaire de vos rêves, quelle que soit la qualité de vos prouesses ; chaque homme sera roi s’il peut se permettre d’acheter ses propres sujets ; ou au contraire, s’acheter le maître ou la maîtresse qu’il désire servir. La liberté de pouvoir satisfaire vos désirs les plus secrets sans être importuné par qui que ce soit est maintenant à portée de main. Qu’y a t-il de mieux pour se débarrasser de la tension qui est présente dans notre société, et pour promouvoir des interactions plus saines entre humains véritables ?

Enfin, nous entérinons la construction d’environnements totaux, à la fine pointe de la technologie tout en étant théâtralement convainquants. De véritables enceintes du plaisir, des endroits de délice et de divertissement. Quelques uns ont commencé à apparaître dans des parcs d’attraction bien connus, mais nous voulons les développer à l’image des films comme Le Monde de l’Ouest. Là, vous pourrez vous plaire dans l’environnement de votre propre choix. La réplique de moments de l’histoire passé ne serait pas la seule à être mure pour de tels constructions, la fantaisie et la science fiction seront également des sources d’inspiration enrichissantes pour plusieurs de ces parcs d’amusements. En ce moment même de tels projets sont en voie de développement.

Est-ce que monsieur tout le monde pourrait identifier un membre de l’Église de Satan ? Étant donné que les satanistes couvrent l’ensemble des sphères économiques et professionnelles, il vous serait bien difficile d’identifier un sataniste seulement par son apparence et son comportement, à moins bien sûr qu’il porte son médaillon à l’effigie du Sigle de Baphomet ou un Sigle de Baphomet épinglée à son veston comme le font nos représentants officiels. Dans leurs activités de tous les jours, les satanistes sont des individus qui profitent de leur vie ici et maintenant. Ils mangent ce qui leur plaît, porte ce qu’ils veulent et vivent généralement le genre de vie qu’ils désirent, tant que cela soit conforme aux lois régissant le pays qu’ils habitent.

Il n’y a pas d’exigences pour la participation aux activités rituelles. Nos membres utilisent les techniques présentées dans nos publications comme bon il leur semble. Certains satanistes préfèrent l’atmosphère sociale des rituels de groupe et recherchent des compagnons à cette fin. Beaucoup de satanistes considèrent que leurs activités rituelles sont quelque chose de très intime et préfèrent donc demeurer solitaires. Les deux voies sont acceptables aux yeux de l’Église de Satan. En effet, il n’y a pas de règles concernant la fréquence des activités rituelles. Certains célèbrent les équinoxes et les solstices comme des fêtes, mais la propre anniversaire d’un sataniste est évidemment la fête satanique la plus importante de l’année. Le rituel est un procédé souvent utiliser à des fins exutoires, pour purger l’individu de désirs qui peuvent sombrer dans la compulsion s’ils demeurent inassouvis. Une telle pratique agit donc de manière thérapeutique. Les satanistes chérissent leur individualité et ne cherchent pas à se conformer aux critères de normalité des autres. De plus, les satanistes ne pratiquent pas le prosélytisme, donc vous ne serez pas approché par quelqu’un vêtu d’une robe noire vous harcelant avec des brochures. Nos publications sont disponibles et en vente libre et si vous aimez ce que vous trouverez dans notre philosophie, vous pouvez nous contacter pour explorer la possibilité de votre affiliation. Le public général serait probablement surpris d’apprendre qu’ils ont côtoyé des satanistes pendant plusieurs années, et que ces satanistes sont parmi les personnes les plus agréables, intéressantes, justes et dignes de confiance qu’il leur a été donné de connaître.

Le monde. Lorsqu’il sera complètement imprégné par le satanisme, offrira un environnement exigeant où vous pourrez accomplir autant, ou aussi peu, que vous pourrez donner dans la mesure de vos habilités naturelles. Oui, cela est effrayant pour les masses qui ne désirent rien faire et être menées par les médias et par la publicité d’un produit à l’autre. Notre univers vous met au défi de réfléchir et d’accomplir quelque chose avec ces idées ! En tant que parfaits réalistes, nous ne nous attendons pas à ce qu’il y ait un grand pourcentage de la population humaine ayant la discipline et l’énergie nécessaires pour réussir. Une société satanique ne tenterait pas de forcer les gens à faire ce qui dépasse leurs capacités — mais nous ne nous empêcherons pas de juger ces personnes selon nos propres normes. Ceux qui désirent mener une existence de drogué, que ce soit à l’aide de substances chimique ou grâce aux médias, seront identifiés comme les esclaves qu’ils sont et seront méprisés. Ils peuvent continuer dans leur voie auto destructrice s’ils le désirent, mais il ne leur sera pas permis de retenir ceux qui désirent réaliser de grandes choses.

N’ayez crainte, vous qui avez été intimidé par les tigres en carton que les médias ont bien voulu vous présenter ; nous, les satanistes, n’en voulons pas à vos enfants car ils sont probablement aussi désespérément médiocres que leurs parents. Mais nous amenons le monde vers un état où les parasites devront soit travailler ou crever de faim ; les coquerelles seront tassées et laissées à leur compte, et elles en mourront assurément. Alors, vous n’avez à craindre le satanisme que si vous êtes un criminel, un parasite ou un vaurien. Avez vous peur ?

Cet article a parut originellement sous un format différent dans Un Nouvel Âge : essais sur les croyances et pratiques religieuses actuelles, publié par « Merrimac Books »ª en 1992. Depuis, il a été révisé et publié à plusieurs reprises.

05/07/2009

Le nom de Sarkozy provoque un pénible désir d'injure

riri.jpgOutrage. Le juriste Stéphane Rials explique la multiplication des offenses au Président :

Recueilli par ERIC AESCHIMANN

Professeur à l’université Panthéon-Assas, membre senior de l’Institut universitaire de France, Stéphane Rials a publié Oppressions et résistances (PUF, 2008). Pour Libération, il analyse la multiplication des poursuites pour «offenses au chef de l’Etat»,«outrages à fonctionnaires», voire «bruits et tapages injurieux».

N’est-il pas inquiétant de voir un citoyen poursuivi parce qu’il a crié dans une gare «Sarkozy, je te vois» ?

Notre société pénalise trop l’écrit et la parole. Elle fait feu de tout bois, jusqu’à recourir, dans le cas présent, même s’il y a relaxe, à une technique répressive inusuelle sanctionnant les «bruits et tapages injurieux» (art. R 623-2 du code pénal). Une communauté politique ne peut pas laisser tout dire. Elle peut choisir d’être plus restrictive lorsque le chef de l’Etat est visé. C’est au nom du sacré de la «majesté» qu’est né le délit d’offense envers le président de la République, institué par la loi de 1881 sur… la liberté de la presse, et utilisé par Nicolas Sarkozy dans l’étrange affaire du «Casse-toi…». Le juriste doit concilier des perspectives estimables. Mais dans une société de libertés, la liberté d’expression est éminente ; elle doit être défendue contre les puissances publiques et privées, les conformismes, la dilatation exagérée du sacré. C’est un élément d’équilibre, une garantie, un signe des institutions libérales.

La pénalisation croissante prend aussi la forme du délit d’outrage.

Il n’est pas absurde de défendre fonctionnaires et magistrats contre ce que l’article 433-5 du code pénal appelle «outrage» - l’outrage s’ajoute à deux délits envisagés de façon libérale, l’injure et la diffamation, visés eux aussi par la loi de 1881. Mais, du fait de certains aspects de ce délit, on va trop loin aujourd’hui avec 15 000 condamnations annuelles dont 3 000 assorties de peines de prison !

Comment comprendre la stratégie de Nicolas Sarkozy ?

Son comportement est plus révélateur de choses préoccupantes que réellement inquiétant en lui-même, même s’il n’est pas très… élégant - je pèse mes mots, vous le comprendrez. Comme l’écrivait l’avocat creusois Dareau au XVIIIe siècle, dans son Traité des injures,«il est digne de la majesté du Trône qu’on ne remarque pas» certains propos de peu d’importance… Au fond, avec ce prurit judiciaire, le «Trône» menace moins qu’il ne fait sourire.

Se distingue-t-il de ses prédécesseurs ?

La période gaullienne a été plus dure, avec environ 300 recours au délit d’offense et 130 condamnations. C’est que la définition de l’offense par la Cour de cassation est extensive. Il a fallu la volonté libérale de Pompidou et surtout de Valéry Giscard d’Estaing pour que tout change. Mais Giscard a payé sa largeur de vue - que l’on se rappelle l’injuste affaire des diamants ! D’un autre côté, la comparaison avec Mitterrand n’est pas, à cette heure, en défaveur de l’actuel président. Le recours trop systématique au juge vaut mieux que les Irlandais [de Vincennes, ndlr], le Rainbow Warrior, les écoutes, l’enlèvement, peut-être, pour le ridiculiser, du malheureux Jean-Edern Hallier…

S’agit-il alors pour lui d’illustrer le thème du retour à l’autorité ?

Le discours de la rupture s’accompagne chez le chef de l’Etat de comportements de rupture qui illustrent la crise du «respect» qu’il entend dénoncer. Le style présidentiel fait système avec l’époque : il y a quelque chose de circulaire dans l’irrespect et dans la brutalité de la lutte contre l’irrespect. Ce dont Sarkozy est le nom, il serait sage de s’en aviser, c’est de l’époque dans la plupart de ses aspects. Il réussit parce qu’il nous ressemble. Il a créé en particulier des souffrances, en affichant son mépris pour la littérature, les humanités, les chercheurs, etc. Il a aussi offensé les syndicalistes par son inutile ironie. L’effet de ces banderilles, c’est que l’on croise souvent désormais des gens raisonnables qui «disjonctent», comme on dit, dès que le nom de Sarkozy est prononcé. Il provoque chez beaucoup un pénible désir d’injure qui doit bien s’inscrire dans l’ensemble que domine sa façon de faire et de parler de la politique.

Le sarkozysme est-il un autoritarisme ?

Le sarkozysme accompagne une forme de révolution sociale, politique, culturelle qui rappelle, sous certains aspects, celle marquée par Andrew Jackson lors de son élection comme président des Etats-Unis en 1829. Jackson voulait en finir avec l’aristocratie à l’américaine. Sarkozy veut en finir avec plusieurs traits de l’exception française, notamment les restes d’un certain aristocratisme républicain qui trouve le marché vulgaire et lui préfère le service public et la véritable culture. Il veut abaisser l’élite des grands commis - la suppression du classement de l’ENA est une affaire importante. Il veut abolir le déclinant «pouvoir spirituel» des intellectuels. Il y a une dimension personnelle de cette entreprise. Mais le fond importe plus que la passion. Ce que veut le chef de l’Etat, quoi qu’on nous dise après le supposé «recentrage» de Versailles, c’est une économie globalement libérée du politique, étendue certes à l’écologie marchande, c’est aussi une politique rendue aux politiciens, avec promesse d’un système des «dépouilles» à l’américaine. Dans ce monde, la place des bons serviteurs de l’Etat ou de l’esprit sera étroite… Or ce combat n’est pas impopulaire. Comme Jackson, Sarkozy fait figure d’«ami de l’homme commun».

Un populisme autoritaire, alors ?

Oui, qui témoigne d’un irrespect particulier pour les formes parlementaires. Qui a besoin de taper sec, de faire un peu peur, de brouiller les cartes, de souligner la corruptibilité des hommes, de capter superficiellement les codes et les mots des autres, d’amuser la galerie (des Glaces…). Il fait tout cela. La lutte des classes, même lorsqu’il s’agit surtout de classes «supérieures» ou «moyennes supérieures», n’est jamais une partie de plaisir, et elle s’accompagne toujours d’un rideau de fumée !

21/06/2009

Boxe, boxe!

 

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20/06/2009

Faut-il interdire la burqa? Non, c'est l'islam qu'il faut interdire!

Action-girl-1.jpgQuelle laïcité?

La loi du 15 mars 2004, en application du principe de laïcité, interdit aux « élèves des écoles, des collèges et des lycées publics le port de signes ou de tenues manifestant ostensiblement une appartenance religieuse ». On l'a compris: interdiction, sur une terre chrétienne, de porter des croix. La loi, qui n'évoque que « l'appartenance religieuse » n'interdit pas, par contre, le port des insignes des nouvelles religions de la décadence.

Un élève portant à la boutonnière le sigle de Sos-Racisme, celui de la Licra ou qui se présentera dans l'uniforme des dégénérés des banlieues ne sera pas sanctionné. Ces déguisements et la loghorrée primitive qui l'accompagnent mériteront même le respect du aux « différences ».

La loi n'interdit pas l'expression de son appartenance religieuse ou sectaire dans la rue. Certains, dont André Gérin, député-maire communiste de Vénissieux, souhaitent interdire le port de la burqa (qui recouvre intégralement la tête et le corps des femmes musulmanes) et du niqab (qui laisse apparaître les yeux), au prétexte que ces signes seraient l'expression visible des fondamentalistes et des intégristes.

Mais est-ce là le vrai problême?

Soyons tolérants...

Respectons toutes les fantaisies religieuses ou pseudo-religieuses, quelles qu'elles soient, dès lors qu'elles restent d'aimables fantaisies. Après tout, les adorateurs de la banane rose, les admirateurs de Seigneur Raël, les sectateurs du Grand Bonsai ou ceux de Krishna ne représentent aucun danger pour la société, si ce n'est celui de nous faire mourir de rire. Certains, tel le Dalaï-lama, merci Tintin, bénéficient même, nonobstant leur niaiserie (ce sourire! ces banalités!) d'une haute respectabilité.

Quant à l'Eglise de la scientologie, dont il est beaucoup question actuellement, on lui reproche d'avoir suborné quelques esprits faibles en leur soutirant leurs économies. Mais n'est-ce pas le cas des régimes minceur miracles, de l'imposture qu'est la psychanalyse ou même de religions respectées qui usent des même expédients?

Si la crédulité, la bêtise, la naïveté et la superstition devaient être punies, les trois quarts de l'humanité seraient en prison...

Camille Flammarion, grand astronome du début du vingtième siècle, écrivit plusieurs livres consacrés aux tables tournantes, au corps astral et à l'apparition de spectres lors de séances spirites: un grand astronome, certes, auteur de « l'astronomie populaire », mais la dupe d'une bande d'illusionnistes et d'escrocs. Son exemple m'a toujours laissé songeur quant à la prétention de scientifiques ou d'intellectuels de renom de se mêler d'exprimer leurs avis définitifs dans des domaines autres que ceux où ils excellent.

Soyons humanistes, mais pas avec les dingues...

La secte du Temple Solaire, qui promettait un voyage sans retour vers Sirius (promesse tenue), le Mandarom dont les statues gigantesques du gourou antillais Georges Hourdin embellissaient la Provence (il pratiquait, lui, l'initiation de très jeunes filles), les « Enfants de Dieu » (dont le gourou, David Moïse, prônait le « fishing », c'est à dire la prostitution gratuite destinée à obtenir des conversions), toutes ces sectes, dont je pourrais multiplier les exemples, ont été interdites car, décidément,

« too much ».

Imaginons une secte qui prônerait la supériorité de l'homme sur la femme, pire, qui autoriserait l'homme à battre sa femme, qui exigerait de tuer les apostats, d'exterminer les athées, qui inciterait à violenter les juifs et les chrétiens, dont le gourou aurait épousé une petite fille de huit ans...

Nul doute qu'une telle secte susciterait l'horreur et serait immédiatement interdite...

Conclusion: Ce n'est pas la burqa qu'il faut interdire, c'est la présence de l'islam sur notre terre!

Robert Spieler

Délégué général de la Nouvelle Droite Populaire